Edonna
<div style="backgroundimage: url(http://img6.imageshack.us/img6/2513/fontcadreconnection.png);">
Bienvenu sur Edonna cher invité !

Le forum est tout nouveau !
En effet, il a ouvert ses portes le 4 juin 2011
Nous somme à la recherche active de membres.

En résumé, Edonna - La guerre des clans s'est :
  • Un forum rpg fantastique heroïque proposant aux membres des intrigues pour avancer dans l'histoire.
  • Un bon niveau de RP : nous demandons 15 à 20 lignes minimum ! Ce forum n'est pas ouvert à tous, on y demande donc un très bon niveau de rp, mais aussi d'orthographe, d'expression et de compréhension écrite et du vocabulaire! Ce n'est pas un forum fait pour les débutants !
  • Les avatars doivent faire obligatoirement 200 x 400 et doivent être de type manga ou image de synthèse.
  • Nous demandons un âge minimum de 14 ans pour s’inscrire : et oui, car avant 14 ans, je ne vois pas quel est l’intérêt d’être sur internet !


Sur ce je vous laisse entrer sur le forum Edonna – La guerre des clans
et vous souhaite une bonne visite en espérant que vous vous y inscrirez !
</div>



 
AccueilS'enregistrerConnexion

Partagez|

Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Gil Rosario
avatar


Messages : 15
Date d'inscription : 12/09/2011
Age du personnage : 31 ans
MessageSujet: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Dim 2 Oct - 16:54

EDIT : ce n'est pas le post d'origine, j'ai seulement fait une fausse manipulation... Désolé.

La silhouette s'était figée un moment. Les silhouettes, en fait. Il y avait effectivement deux êtres qui semblaient fixer l'humain ; ce dernier n'en avait pas la certitude exacte puisqu'il était légèrement aveuglé par cette lumière jaunâtre qui émergeait des horizons. Mais il lui semblât apercevoir une humaine, précisément une femme, de laquelle descendit l'autre silhouette pour... ramper sur le sol ! Ses gestes furent vifs et ce qui semblait être un reptile quadripède rampa vivement sur le sol pour immerger totalement dans le cours d'eau. L'on vit quelques bulles se former à la surface et éclater quelques brefs instants après. La source de ces bulles se déplaçait de façon hésitante. Moins rapidement que sur la terre ferme, en tout cas. Elles se rapprochaient du bord opposé - celui où Gil était bien sagement posé, les bras croisés, affichant un regard désespéré par ce spectacle. Rien ne l'amusait, décidément... Pas même lorsque le lézard émergea tête la première, s'agrippant au bord et se redressant avec difficulté, ses membres s'étant raidis à cause de la température glaciale de l'eau. Mais Gil ne put s'empêcher d'exprimer quelque surprise à la vue de cette sanguinaire couleur qui tentait les écailles de ce... Dragon. Un fier dragon qui plantait son regard teinté de vie et de volonté dans un regard terne et dépourvu de goût à la vie. Un regard vide mais néanmoins soutenu par un sourcil haussé. La bête semblait sur ses gardes, essayant de déchiffrer les intentions de l'humain alors que celui-ci le toisait d'un air d'incompréhension mêlée à de la moquerie. L'humain regardait s'approcher le petit dragon avec un peu d'hésitation, parfois non directement, comme s'il décrivait des arcs de cercle tout en réduisant la distance qui séparait Gil de cette magnifique bestiole rouge. L'humain ne daignait seulement bouger ses iris, son regard froid et vide. Le dragon s'était suffisament rapproché de l'épée de l'humain, gainée dans son fourreau et soigneusement posée au sol. Il s'en empara et la tira brusquement loin de Gil. Ce dernier le regardait faire, sans même réagir. Le dragon pivota pour faire de nouveau face au cours d'eau, tenant le fourreau avec la gueule et plutôt ralenti. Gil comprit que la bête analysait la situation avec une certaine intelligence. Il ne manqua donc pas de soutenir son analyse par ces quelques paroles.

« Il est vrai que si vous souhaitez ramener le butin de votre fructueuse chasse à votre maîtresse sans heurt, emprunter la passerelle sur votre droite vous semblera moins pénible que de traverser à la nage et périr sur l'heure. »


Le dragon fit volte-face comme pour fusiller Gil du regard, et se hâta, comme lévitant, rampant sur le sol, longeant le cours d'eau jusqu'à emprunter le ponton non loin pour rejoindre son amie et lui rapporter l'épée de l'humain. Ce dernier soupira et se leva lentement. Quoiqu'il fût, il émanait un danger permanent. Peut-être que cette impression de vide dans son regard lui donnait un paraître de malveillance constante. Il marchait, le pas lent et assuré, sur les traces du reptile. Il avait cette démarche si calme, si sereine... Comme si rien ne pouvait le surprendre, le mettre en danger. Comme s'il savait qu'il avait la situation en main. Après tout, pour un homme d'une telle carrure, cela pouvait se comprendre. On voyait presque un géant à la musculature fort généreuse se déplacer si gracieusement, à la rencontre de ces deux inconnus. Comme si le danger prevenait de son approche imminente. Peut-être qu'il inspirait la peur chez eux, mais il s'en moquait. Il n'y songeait pas. Tout cela le blasait, à vrai dire. Alors, après avoir traversé pleinement le ponton, il stoppa sa progression à distance raisonnable du reptile et... D'une femme. Qui venait à peine de se réveiller, sans doute. Qui avait dormi dehors. Qui n'avait peut-être pas les idées claires. Et qui n'avait sûrement pas besoin d'être brusquée, au passage. Il la fixa de son regard non-expressif, attendant quelque réaction de sa part. Mais personne ne daignait introduire la conversation. Le dragon montrait ses crocs, posté devant sa maîtresse. C'était une dragonnière. Donc une alliée. Lui était un humain. Alors pourquoi tant de mépris ? Gil courba respectueusement le dos, fixant le sol et exprimant ces quelques paroles d'une haute et intelligible voix.

« Je me nomme Igor Asoril, simple être humain au service de sa majesté. J'aurais aimé vous rencontrer dans d'autres circonstances ; fort malheureusement ma visite est intéressée puisque vous avez en votre possession quelque chose qui m'appartient. »


Dernière édition par Gil Rosario le Ven 21 Oct - 16:15, édité 3 fois
Amne Lyre
avatar


Messages : 70
Date d'inscription : 22/09/2011
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Jeu 6 Oct - 19:49

Déjà la nuit faisait pâle figure. Elle si belle et si fière à l'intérieur de sa toile tissée à chaque étoile, dans un univers que personne n'imagine, remontait dorénavant son rideau de gros velours avec lenteur. Les ombres menaçantes projetées par la lune devenaient alors de modestes branches d'arbres ballotées par un, puis deux, puis tout une ribambelle d'oiseaux.
Dans cette nature rieuse sous le chant des volatiles, il n'y avait pas de place pour la société, la guerre...les querelles entre races semblaient même grotesques, succinctes, lorsque l'on se trouvait seul, face au soleil heureux d'envoyer à la poubelle les soucis du monde.
Et Amne Lyre y était : seule. Assise sur le sol d'une herbe que le matin avait rendue froide, complètement enroulée dans sa grosse cape noire qu'elle avait remontée en cache-nez pour se protéger de l'humidité et à peine réveillée de ce qui avait été un sommeil court. La tête (échevelée au passage) calée entre ses deux frêles épaules, elle donnait cette impression d'être une illusion que la lumière aurait tôt fait d'estomper.
Mais preuve était que non puisque, depuis plusieurs minutes déjà, sa silhouette bien réelle était plongée dans une torpeur tout à fait délicieuse tandis qu'elle regardait le soleil se lever et dessiner à l'horizon un trait de chaleur aussi pulsant qu'un coeur sous l'effort.

Quant à son dragon, il n'avait pas attendu que la lumière jaillisse pour se réveiller. Amne supposait qu'il était parti en chasse d'une petite gerboise -il y en avait tellement ici !

Dans un soupir, elle se coucha à terre. Ses longs cheveux éparpillés aux quatre coins de son visage, elle fronça des sourcils au moment de contempler le ciel gris sans nuages.
....Que n'aurait-elle pas donné pour voir au delà. Pour s'arracher à ce monde et en connaître un nouveau que nul encore n'aurait eu le cran de fouler.
Elle avait l'impression de croiser sans cesse les mêmes ambitions dans le regard des gens, les mêmes envies bourrées d'habitudes. Le pouvoir, la renommée, l'expérience, la force, l'argent, la beauté...l'envie de faire main basse sur ce qui était susceptible d'écraser l'autre.
Et ce trésor dont tout le monde parlait...peut être faisait-il juste fi des rêves de chacun? Pour une fois que quelque chose de mystérieux crevait la surface de la terre, voilà que les royaumes se jetaient à son cou comme des chiens affamés sur une gazelle dont personne n'en connaissait encore la saveur. Si jamais l'indigestion prenait au corps...
Amne ébaucha un rire moqueur qui n'arriva pas, cependant, à être audible. Et contre sa chevelure sombre elle sentit quelqu'un s'y frotter....ou plutôt quelque chose.


"Lörk, c'est juste dégueulasse ce que tu fais, tu le sais ?" murmura Amne, alors que le petit dragon rouge, revenu de sa chasse, s'appliquait à essuyer, à l'aide des cheveux de Amne, les saletés herbeuses encore collées sur le rongeur mort qu'il tenait dans sa gueule.

D'ailleurs cela, Amne n'avait pas eu besoin de le regarder pour le savoir...il fallait dire que ce n'était pas la première fois.
Lörk s'allongea alors juste à coté de la joue gauche de Amne, et cette dernière n'eut aucune réaction. C'était comme si cet animal pas plus haut de trois pommes, qui l'utilisait accessoirement comme un nettoie-tout, était une chose qui ne partirait pas quoique l'on pusse penser, qui resterait à jamais, si bien ancré à elle, qu'elle vivrait constamment avec, comme on vit avec son coeur, ses poumons, son cerveau.

La jeune femme encore recouverte de son énorme cape qui tenait plus d'une couverture ferma ses yeux et s'humecta les lèvres de façon machinale tandis que son dragon mâchonnait ce qui ne ressemblait plus du tout à un rongeur....


"Dis, Lörk, tu crois que c'est une ineptie que je trouve le trésor avant les autres ?"

Craquements d'os et mastications...

"Non parce que si ce trésor n'offre rien qui puisse m'intéresser, je crois que je le jetterai."

Et qu'est-ce qui l'intéressait ? Aaah. Sans doute une chose qu'elle n'attendait pas. Sous la forme d'une porte, de la même lueur que celle du soleil actuel dorénavant bien levé, ou bien peut être d'un message, ou d'une énigme. Qu'importe, du moment qu'elle se sentait exister pleinement....

Lörk se lécha les babines, puis il frotta son museau contre la pommette froide de Amne dans un geste affectueux. Néanmoins, lorsque Amne le regarda, il brûlait dans ses yeux de reptile ce même reproche à l'égard du soit dit trésor qui n'avait que trop souvent piqué la curiosité de Amne.


"Je sais, je sais..je ferai mieux de me satisfaire de ma vie."

Mais elle n'y arrivait pas.
Et cela, Lörk le comprit très bien. Soufflant de ses naseaux contre la peau de Amne, il décida finalement de se relever. Il s'étira du bout de ses blanches griffes, allongeant son corps à la manière d'un drôle de chat jusqu'à lâcher un bâillement - rapide certes mais il fut possible d'apercevoir au moins deux dents de sa mâchoire, aussi coupantes que des rasoirs.
Un coup d'oeil en direction de sa dragonnière suffit pour que cette dernière se redresse, en frissonnant.


"On ne peut pas attendre avant de marcher?"

Lörk engagea déjà la route, faisant mine de ne pas l'avoir entendue. Amne se renfrogna, posant son menton contre ses jambes recouvertes qu'elle avait resserrées contre son ventre.

"Oh très bien vas y vas y ! Joue donc les guides...si ça t'amuse après tout."

Puis, voyant qu'il ne bronchait pas, elle se leva en rouspétant. Elle trébucha légèrement contre sa cape qu'elle avait oublié d'ôter et , une fois chose faite, elle regretta amèrement de ne pas être restée à terre sous son chaud cocon. A cette heure de la matinée, il faisait encore froid.
Quoique l'on puisse dire, et même si Amne, habituée aux températures glaciales, ne ressentait pas physiquement le froid comme chose désagréable, le fait d'y être confrontée la ramenait un peu vingt années en arrière.
Elle plia finalement sa cape et la rangea dans son gros sac de lin qu'elle avait attrapé au passage; avant de filer.

De leur vétuste campement, ils ne laissèrent que trois petits os de gerbille, paix à son âme.

Alors que Amne trainait le pas, Lörk s'émerveillait de tout. De la fleur bleue que Amne comprit sentir le poivré, jusqu'à deux hirondelles qu'il aurait bien croquées (goinfre! et la gerbille alors ?!) et même de tentes grises qui apparaissaient petits à petits comme autant de bourgeons à p....
attendez, attendez! une minute...des-tentes-grises ?
Amne n'eut pas besoin de rappeler Lörk que ce dernier courut déjà vers elle et grimpa jusqu'à son épaule, calant le reste de son corps sur le dos un peu crispée de sa dragonnière. Amne posa une main sur la patte accrochée de son compagnon, plissant ses yeux de félin dans l'intention de distinguer avec plus de réussite ce qui avait tout l'air d'un campement.

Qu'est-ce qu'un campement pouvait bien faire ici ?

...Ehh hooo, petite sotte, est-ce que tu aurais oublié qu'on est en temps de guerre ? lui rappela sa tête.

Oui, mais, voyons, pourquoi ici ?!

Est-ce que ça te regarde ? répliqua sa caboche.

Non non, ça ne la regardait pas..après tout, n'était-ce pas Amne elle-même qui méprisait l'illogisme de cette guerre ?

Heyyyy mais...et si cela avait un quelconque rapport avec le tré-sor?

Silence du cerveau dont le bec fut cloué.

Et voilà que, avant même de pouvoir dire 'ouf' Amne se retrouva déjà à proximité (chose relative néanmoins) du campement dont elle remarqua que les feux de camps fumaient encore.

*Ils se sont couchés tard* fut la pensée de Lörk.

Mais aussi.

* Un homme, juste là*

Et ça, Amne prit plus de temps pour l'assimiler. Elle suivit le regard sauvage de Lörk qui menait au bord de la rivière. Là elle vit un homme que la lumière vive du matin targuait d'un élan théâtral, comme s'il venait de dépop comme par magie sur la rive dans ses beaux habits de preux chevalier.
Coup d'oeil machinal en direction de l'épée de l'homme, autre coup d'oeil en direction de son propre sac en lin qui contenait un petit coutelas rouillé. Froncement de son nez..parce que ça sentait pas bon. Pas bon du tout même.

Néanmoins Lörk ne sembla pas partager sa réticence car, agile, il descendit le long de sa jambe et décida de...carrément piquer une tête.


"Lörk, Lörk ! qu'est-ce-que-tu-fous-bordel-reviens-ici-tout-de-suite-nom-de-nom-de-grmlgrml..." furent ses mots à deux trois syllabes près avant qu'elle ne se raidisse lorsqu'elle comprit que l'homme venait de la regarder. Interdite, silencieuse, tandis que Lörk s'éloignait d'elle dans l'intention d'onduler dans la rivière.

En gros, et pour faire clair, c'était ainsi sa seule arme qui tombait à l'eau : et c'était bien le cas , ici-même, de le dire!

Et maintenant, qu'est-ce qu'on est censé faire dans ces moments là ? Avançer vers l'inconnu dans l'intention de ne pas ressembler à une espionne du genre pas très douée ? ou alors on prend ses jambes à son cou histoire d'éviter les ennuis ?
Mais quand on est 'Amne Lyre', soit, la réflexion n'est pas un ordre prioritaire et cette dernière en vint alors à agir sur le coup de l'impulsion. Et quelle impulsion...
Elle ne bougea pas, d'un poil.

La bouche entrouverte, les cheveux encore emmêlés, à la manière d'une grande folle, elle le regardait dans un mutisme des plus complets.


Gil Rosario
avatar


Messages : 15
Date d'inscription : 12/09/2011
Age du personnage : 31 ans
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Dim 9 Oct - 12:50

La silhouette s'était figée un moment. Les silhouettes, en fait. Il y avait effectivement deux êtres qui semblaient fixer l'humain ; ce dernier n'en avait pas la certitude exacte puisqu'il était légèrement aveuglé par cette lumière jaunâtre qui émergeait des horizons. Mais il lui semblât apercevoir une humaine, précisément une femme, de laquelle descendit l'autre silhouette pour... ramper sur le sol ! Ses gestes furent vifs et ce qui semblait être un reptile quadripède rampa vivement sur le sol pour immerger totalement dans le cours d'eau. L'on vit quelques bulles se former à la surface et éclater quelques brefs instants après. La source de ces bulles se déplaçait de façon hésitante. Moins rapidement que sur la terre ferme, en tout cas. Elles se rapprochaient du bord opposé - celui où Gil était bien sagement posé, les bras croisés, affichant un regard désespéré par ce spectacle. Rien ne l'amusait, décidément... Pas même lorsque le lézard émergea tête la première, s'agrippant au bord et se redressant avec difficulté, ses membres s'étant raidis à cause de la température glaciale de l'eau. Mais Gil ne put s'empêcher d'exprimer quelque surprise à la vue de cette sanguinaire couleur qui tentait les écailles de ce... Dragon. Un fier dragon qui plantait son regard teinté de vie et de volonté dans un regard terne et dépourvu de goût à la vie. Un regard vide mais néanmoins soutenu par un sourcil haussé. La bête semblait sur ses gardes, essayant de déchiffrer les intentions de l'humain alors que celui-ci le toisait d'un air d'incompréhension mêlée à de la moquerie. L'humain regardait s'approcher le petit dragon avec un peu d'hésitation, parfois non directement, comme s'il décrivait des arcs de cercle tout en réduisant la distance qui séparait Gil de cette magnifique bestiole rouge. L'humain ne daignait seulement bouger ses iris, son regard froid et vide. Le dragon s'était suffisament rapproché de l'épée de l'humain, gainée dans son fourreau et soigneusement posée au sol. Il s'en empara et la tira brusquement loin de Gil. Ce dernier le regardait faire, sans même réagir. Le dragon pivota pour faire de nouveau face au cours d'eau, tenant le fourreau avec la gueule et plutôt ralenti. Gil comprit que la bête analysait la situation avec une certaine intelligence. Il ne manqua donc pas de soutenir son analyse par ces quelques paroles.

« Il est vrai que si vous souhaitez ramener le butin de votre fructueuse chasse à votre maîtresse sans heurt, emprunter la passerelle sur votre droite vous semblera moins pénible que de traverser à la nage et périr sur l'heure. »


Le dragon fit volte-face comme pour fusiller Gil du regard, et se hâta, comme lévitant, rampant sur le sol, longeant le cours d'eau jusqu'à emprunter le ponton non loin pour rejoindre son amie et lui rapporter l'épée de l'humain. Ce dernier soupira et se leva lentement. Quoiqu'il fût, il émanait un danger permanent. Peut-être que cette impression de vide dans son regard lui donnait un paraître de malveillance constante. Il marchait, le pas lent et assuré, sur les traces du reptile. Il avait cette démarche si calme, si sereine... Comme si rien ne pouvait le surprendre, le mettre en danger. Comme s'il savait qu'il avait la situation en main. Après tout, pour un homme d'une telle carrure, cela pouvait se comprendre. On voyait presque un géant à la musculature fort généreuse se déplacer si gracieusement, à la rencontre de ces deux inconnus. Comme si le danger prevenait de son approche imminente. Peut-être qu'il inspirait la peur chez eux, mais il s'en moquait. Il n'y songeait pas. Tout cela le blasait, à vrai dire. Alors, après avoir traversé pleinement le ponton, il stoppa sa progression à distance raisonnable du reptile et... D'une femme. Qui venait à peine de se réveiller, sans doute. Qui avait dormi dehors. Qui n'avait peut-être pas les idées claires. Et qui n'avait sûrement pas besoin d'être brusquée, au passage. Il la fixa de son regard non-expressif, attendant quelque réaction de sa part. Mais personne ne daignait introduire la conversation. Le dragon montrait ses crocs, posté devant sa maîtresse. C'était une dragonnière. Donc une alliée. Lui était un humain. Alors pourquoi tant de mépris ? Gil courba respectueusement le dos, fixant le sol et exprimant ces quelques paroles d'une haute et intelligible voix.

« Je me nomme Igor Asoril, simple être humain au service de sa majesté. J'aurais aimé vous rencontrer dans d'autres circonstances ; fort malheureusement ma visite est intéressée puisque vous avez en votre possession quelque chose qui m'appartient. »
Amne Lyre
avatar


Messages : 70
Date d'inscription : 22/09/2011
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Mer 19 Oct - 23:33

[O.O Alors là grosse grosse incompréhension. Pourquoi le premier message du post est pareil au second que tu as posté ??? Reveillez moaaaa, jcomprends paaaaas ]

Et là, là , Lörk qui sortit sa petite tête hors de l'eau. Un peu comme le ferait l'oiseau d'une horloge à coucou pour annoncer l'heure, alors que les aiguilles sur le cadran s'en chargent pourtant à merveilles.
Le petit reptile n'ouvrit pas la gueule pour "cotcoter" cependant.
Non, non non, il se contenta d'échouer sur la rive opposée, face à cet homme. Et quel homme, ah. Pas un sursaut, pas d'étonnement, rien qui puisse le targuer d'un peu de vie. Peut être que le fait qu'il soit entouré de soldats bien piètres philosophes avait poussé son estime à se hisser très haut, vers des sommets impavides et hautains. Lörk renifla, puis décrivit un large cercle autour de l'humain lassé.

Et à le voir ainsi chercher le contact, forcer des barrières de plus en plus menaçantes aux yeux de Amne, cette dernière ne put s'empêcher de crisper sa mâchoire pour retenir l'exclamation sourde -le feulement même!- qui grimpait à sa gorge et la plongeait dans une sorte d'apnée insupportable. D'ailleurs, si Amne avait été capable de maudire tout haut, soyez sûr qu'elle l'aurait fait.
Il fallait dire que c'était un peu comme si son propre corps se retrouvait à divaguer à côté de l'humain. Un humain pour l'instant très apparenté à une espèce de spongiformes particulièrement....mous ?

Et peut être que cela fut la raison pour laquelle Lörk s'empara de l'épée de l'homme. Rapidement certes, comme un gamin qui vole une pomme, comme un chat qui gobe, ni vu ni connu, l'oiseau de la voisine, mais Lörk aurait tout aussi bien pu lui chiper son mouchoir de poche que le résultat aurait été le même. Aucune réaction, deux trois haussements de sourcils à tout casser.

Amne observa alors son dragon braver les herbes basses en trainant de sa gueule ce butin deux fois plus long que lui, sa démarche très apparentée à celle d'un crabe, fier de sa prise, envieux de retourner dans l'eau mais qui se rend compte, au final que..."bah mince, ce n'est pas une solution de fuite très futée". Cela aurait pu s'avérer fort embarrassant, oui, maaaais ce fut sans compter les conseils inestimables du volé. Puisque, pour quelques secondes, il sembla reprendre vie dans l'unique but de devenir mentor avisé.
La chose eut le don, pour le coup, de désarçonner une Amne aux yeux ronds pareils à ceux d'un hibou éberlué.

Non mais...attendez, attendez, qu'on lui explique, par tous les dieux, dans quel genre de campement elle était tombée ?! Qu'il brandisse ses bras en avant, ventre à l'air, en criant :"crève moi avec la lame de mon épée, allez, allez!"au lieu de faire des mondanités! Non ?
A moins qu'il soit assez confiant de sa propre maîtrise du combat pour ne pas craindre qu'on lui vole son arme, pensa Amne. Auquel cas cela changeait la donne, et fortement..

Les sourcils froncés elle s'accroupit et tendit une main vers Lörk pour lui prendre l'épée, mais ce dernier jugea bon de la poser lui-même au sol dans une imitation grotesque d'un chien qui rapporte. L'allusion ne fut peut être pas évidente à comprendre, mais Amne y vit là un message clair qui faillit lui ravir un sourire.
Elle haussa les épaules comme pour s'avouer vaincue, avant de poser finalement sa main tendue sur l'encolure de son dragon.

"Idiot." qu'elle lui souffla au moment de ramasser l'épée.

Lörk claqua des dents, et bondit sur le dos de Amne, jusqu'à s'accrocher à ses épaules, sa tête posée sur l'une d'elles. Cela aurait pu en rester là d'ailleurs. Amne serait partie, une nouvelle épée en main, laissant pour compte un homme blasé.
Mais ce dernier se leva - si si IL se leva. Et Amne ne put s'empêcher de constater à quel point, une fois debout, il avait l'air.....plus imposant ? Ah, oui, c'était le mot. Tout en muscles, certes, mais avec une grâce masculine qui semblait marquée des années de combats et d'une existence riche, peut être bourgeoise à voir ce paraître si naturel. Un peu tout le contraire de Amne en fait qui, hormis un trait commun avec lui pour le je-m'en-foutiste, n'avait rien de très...intimidante.
Si elle se méfiait, donc, Lörk se contentait de le regarder attentivement sans plus d'animosité à son égard que s'il avait pu s'agir d'un passant particulièrement intriguant. Il sortit sa langue deux, trois fois, ses yeux brillants fixés sur l'homme qui venait de s'arrêter à cette distance que l'on appelle souvent : la distance de sécurité.
Et c'est au moment où l'homme stoppa sa progression que Lörk montra les crocs, comme si ce changement marquait le danger qu'auparavant il n'y avait pas. Amne déposa sa paume sur son dragon dans l'espoir de le calmer, sans comprendre son brusque changement de réaction.

L'homme se présenta alors, courbette en prime, en tant que Igor Asoril. Le nom sonnait creux, comme du récité par coeur. Mais Amne enregistra surtout la suite de son récit ; la fin pour être plus exact. Elle se redressa, clairement méfiante, renchérissant malgré elle sa prise sur le pommeau de cette épée qui ne lui appartenait pas. Une épée qu'elle aurait du rendre d'ailleurs, et il fallait avouer que ce n'était pas l'envie qui lui manquait. En plus d'appartenir à un genre d'hommes trop calme pour paraître certain de sa propre sérénité, la lame était grande, le fer lourd, la prise en main tellement désagréable pour sa fine main... Oui mais voilà.
(Parce qu'il y a toujours un "mais", tout comme il y a toujours un "voilà", n'est-ce pas ?) Une petite, vraiment minuscule voix, lui disait de ne surtout pas le faire.

Deux choix s'offraient alors à elle, courir sans se retourner dans l'espoir de ne pas trébucher et s'empaler sur l'épée, ou gagner du temps pour que....pour que quoi, au fait ?
Elle sentait la moutarde lui monter au nez, vraiment ; tout cela ne menait à rien. Elle se mit à aplatir sa chevelure d'un geste machinale dans l'espoir de , peut être, se donner une certaine contenance..celle la même qui lui manquait pour faire la différence entre elle et lui. Bien piètre espoir, sans aucun doute, mais déjà était-elle un peu moins décoiffée..



"Amne Lyre." bref, pas à dire, moins de grandiloquence..et une politesse proche du nul. Il fallait dire que pour elle, le système courtois des présentations ne signifiait pas grand chose. Les protocoles se faisaient mâcher, avaler, digérer jusqu'à ce que l'histoire les grave ou bien les ensevelisse, et c'était tout.
Lörk sembla sursauter, tournant sa tête de reptile vers le campement d'où quelques bruits montaient crescendo, comme le vent qui se lève et emmène avec lui une toute autre menace. Des hommes quittaient apparemment leur tentes. Tous des soldats. Bien sa veine..vraiment.

Un peu à côté de la plaque lorsqu'elle jeta un coup d'oeil à l'épée, et voyant que l'homme n'attendait qu'une seule chose en finalité : c'est qu'elle la lui rende, Amne invectiva la chose d'un coup de menton.


"Ah, ça..Oui." dit-elle, comme on parle d'un sac de pommes de terre que l'on remarque vraiment pour la toute première fois. Puis, voyant que l'atmosphère se faisait plus pesant, elle s'assit à terre, carrément, posant la lourde lame sur ses jambes pliées. Elle regarda ledit "Igor" avec insistance.

"Je crois..." et pour appuyer ses propos elle zieuta son dragon qui montrait encore des dents, perché sur son épaule "que mon dragon ne veut pas que je vous la rende." détacha-t-elle l'intention de se faire comprendre au mieux.

"Et moi, en vérité, je ne sais pas ce que je dois faire."
avoua-t-elle.


Soudain elle entendit quelqu'un crier au loin. Un soldat qui s'était aventuré hors du campement appelait, dans leur direction. La main à son fourreau, il accourait comme si une menace imminente était sur le point d'éclater et de leur tomber dessus. Et il en fallut beaucoup à Amne pour comprendre qu'il se préoccupait uniquement de la santé de l'homme. Car sinon, pourquoi se mettrait-il subitement à brandir son épée vers......elle?
Arrivé à quelques mètres il tint Amne, au passage toujours confortablement assise, en joug, la menaçant de bouger d'un cil.


"Mon roi, est-ce que tout va bien?! Pourquoi cette femme détient-elle votre épée messire ?!" s'enquit-il d'une voix étranglée.

Et Amne Lyre tourna sa tête , comme au ralenti, vers "Igor". Elle s'y tint sur ce simple et bref mouvement de nuque , comme profondément en dehors de la mascarade qui se jouait; pareil à l'invité qui a beau partager le repas mais qui se sent un peu loin des conviés et de leurs discussions. Elle essuya sa lèvre lentement, hochant la tête, avant de faire retomber ses deux mains sur ses jambes, à quelques centimètres de l'épée toujours en sa possession.
Su-per-be, non franchement, c'était superbe.
Et comme si cela ne suffisait pas, elle sentait son ventre gargouiller.



"Si je vous tends l'épée, je risque de me faire attaquer non?" demanda-t-elle, très hors propos, comme on demande s'il risquait de pleuvoir en début d'après-midi. Et l'autre loufoque de soldat de regarder Amne, puis le roi, puis Amne, puis le roi, sans rien comprendre de ce qui se jouait là.
Gil Rosario
avatar


Messages : 15
Date d'inscription : 12/09/2011
Age du personnage : 31 ans
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Ven 21 Oct - 17:01

« Amne Lyre. »

Le ton de sa réplique était d'un froid hivernal et d'une telle secheresse que Gil ne put s'empêcher d'hausser un sourcil de surprise. Mais il comprit que son interlocutrice émergeait probablement d'un sommeil insuffisant. Les conditions n'étaient que peu propices aux rencontres, après tout. Il continua de la fixer droit dans les yeux, le regard toujours monotone et aspirant, l'émotion inexistante. Il ne se souçait guerre de son épée. Elle était probablement trop lourde pour que cette demoiselle puisse l'attaquer. Et puis pour quelle raison ferait-elle ça, de toute façon ! Enfin, il haussa un autre sourcil à la vue du petit dragon semblant alerté par quelque agitation non loin. Ses soldats émergeaient eux aussi d'un sommeil - probablement plus reposant. Il tourna la tête en direction de son campement. Il pouvait apercevoir plusieurs silhouettes bouger lentement. Puis se focalisa de nouveau sur Amne qui se posa à terre, avec l'épée de l'homme sur ses jambes.

« Je crois... que mon dragon ne veut pas que je vous la rende. »

Gil haussa les épaules : c'en était évident étant donné l'enthousiasme du reptile qui montrait les crocs. Peut-être que ce dernier était doté une sur-intelligence et qu'il percevait l'âme confuse de Rosario. L'être humain ne se montra cependant pas décontenancé par ce spectacle. Ce n'était qu'une belle rangée de canines, et il était dans l'erreur puisqu'humains et dragonniers étaient alliés. Et même si Gil avait l'ambition secrète de soumettre le monde entier à sa botte, il était on ne peut plus à cheval sur ses principes. Un chevalier ne malmène jamais les individus, même si ceux-ci sont ses pires ennemis. Ainsi Gil s'accroupit lentement, plantant ses yeux bleu-gris dans ceux du dragon qui, lui, le fixait avec des iris brûlantes et coléreuses. Les petites choses étaient dangereuses pour le grand homme qui ne pouvait compter que sur son endurance et sa facilité à encaisser les blessures puisqu'il n'esquivait que très peu les attaques. Mais il n'y pensa qu'un quart de seconde : jamais il n'irait s'en prendre à de telles créatures ; il était bien plus sage de les avoir de son côté.

« Et moi, en vérité, je ne sais pas ce que je dois faire. »

« Je comprends votre désarroi. Mais rien n'a obligé votre ami écailleux à venir m'accoster sur l'autre rive et perturber ce calme divin dans lequel je rêvassais. Et, sauf erreur de ma part, je doute fort avoir fait la rencontre antérieure d'une telle créature durant mon âge. Tout ceci n'est qu'erreur... »


Il fut interrompu par des bruits de pas précipités. S'en suivaient des bruits metalliques tel des articulations d'armures. L'idiot du village avait décidé de s'en mêler, voyant qu'il n'avait rien de plus intéressant à faire de la matinée. Il s'octroya le réflexe de pointer la demoiselle du bout de son épée, le visage suant et la mine encore dans le gaz. Il n'avait pas stabilisé sa position, il tremblotait à l'idée que Gil puisse être en position de faiblesse.

« Mon roi, est-ce que tout va bien ?! Pourquoi cette femme détient-elle votre épée messire ?! »

Le sombre idiot... Il avait littéralement tout gâché en l'appelant "mon roi". Deux mots et un édifice qui s'écroulait comme un chateau de cartes. Gil avait horreur d'être reconnu tel quel. Il préférait quand les gens le cotoyaient comme à l'époque où il était simple soldat sur le front, en réalité. Il leva les yeux aux ciel, songeant à ce qu'il pourrait bien inventer pour éloigner le boulet et se justifier auprès de la dragonnière.

« Si je vous tends l'épée, je risque de me faire attaquer non ? »

Il avait entendu des cris inhibés avant les paroles de la jeune femme. Son estomac l'avait trahi. Il eut un déclic. Il baissa le coup et frappa dans l'épaule du soldat pour que celui-ci cesse de pointer son arme sur Amne.

« Sot... Cette femme est ma cousine, et pour te faire pardonner tu vas rentrer de suite lui préparer de quoi se rassasier. Non, LEUR préparer. »


L'homme fixa un instant son roi puis tourna les talons avant de détaler au campement. Gil le regardait faire. Cet homme était idiot mais prêt à tout pour servir dignement sa majesté, si bien qu'il se serait passé d'être ainsi interrompu par tel sous-fifre. Il se tourna de nouveau vers Amne, toujours dans la même position et son dragon toujours aussi expressif.

« Vous avez le choix, Dame Lyre. Vous pouvez me suivre et converser de ce qui vous amène céans, ou bien faire demi-tour. Ah, et puisque ce malheureux m'a accidentellement trahi, vous comprendrez qu'Igor Asoril n'est en fait qu'un couple de noms qui m'a été fort aimablement donné par une certaine demoiselle Gramme, de son prénom Anna. On a tout à y perdre lorsqu'on se présente en tant que roi de la race humaine. Le meilleur moyen de se faire des ennemis... »

Sur ce, il tourna les talons, et fit quelques pas avant d'ajouter :

« Au fait, si je vous fais passer pour quelqu'un de ma famille, c'est pour que ces idiots ne songent pas une seule seconde à entreprendre quelque plaisir charnel avec votre personne. Ils ne sont pas méchants, pas un accident est si vite arrivé... »


Il continua sans se retourner. Peu importe si elle ne le suivait pas, à vrai dire ; il raconterait à ses soldats que la demoiselle avait préféré tracer sa route ailleurs, et voilà tout. Mais il était conscient de la forte probabilité qu'aurait la dragonnière et sa monture à le suivre, et ce de près. Ils avaient faims et Gil ne pouvait être plus honnête et loyal.
Amne Lyre
avatar


Messages : 70
Date d'inscription : 22/09/2011
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Mar 27 Déc - 23:59

Lorsque le roi s'adressa au soldat, Amne ébaucha une tête assez...monumentale. Pâle reflet de sa stupéfaction, à la manière d'une décomposition faciale séparée en "trois étapes", courtes certes mais pri-mor-diales!
La première, une bouche grande ouverte, prête à lâcher un "Cousine...que..que...? QUUUOIIII?"
La deuxième, une reprise de soit où l'on ravale sa salive, LE fameux coup de ripaton envoyé juste avant que vous ne puissiez dire un seul mot, permettant ainsi à votre cerveau de croire en une logique obligatoire. Parce que son interlocuteur avait démontré depuis le début qu'il n'était pas un idiot.
La troisième que......que mieux valait définitivement se la fermer. Point.

Et le pire dans tout cela, c'est que cette décision ne lui parut, pour le moins, pas désagréable. Serait-elle devenue neutre à l'idée de s'afficher comme la cousine d'un roi?............ha....
...haHAHAHA ! Décidément, Amne manquait vraiment de sommeil, c'était définitif!

Les lèvres hermétiquement closes, un unique sourcil haussé bien haut, elle regarda le roi congédier ce pauvre soldat à peine remis de la scène et dont les cheveux hérissés traduisait l'ampleur du désastre qui se jouait dans sa tête. Il ne devait pas en finir de se poser des questions sur la véracité de son réveil.
Amne le suivit des yeux lorsqu'il se détourna pour prendre congés de façon tant et si rapide que le roi aurait tout aussi bien sortit un fouet pour le lui claquer dessus, au plus près de ses oreilles, que sa réaction aurait été la même. Face à sa petite course trottinante, Amne ne put s'empêcher d'éprouver un profond sentiment d'antipathie à son égard. En effet, comment était-il possible d'être si malléable?

De même, est-ce que cet homme trouvait un quelconque bonheur à vivre au fond d'une sorte de société imbriquée et dictée dans les règles, où seuls les plus chanceux s'amusaient à tenir la baguette?
Quoique.....Et elle zieuta de nouveau le sacré "meneur d'orchestre".

Amne doutait vraiment que le rang de roi fut une meilleure situation.
Sous le poids des protocoles, des engagements....mais plus encore, sous le poids écrasant des attentes, comment espérer se trouver, ou même, se chercher? Pour Amne, ce genre de milieu était propice à ce que vous ne puissiez pas être vous-même, pour ainsi devenir ce que le monde voulait que vous fussiez.
Rien que l'idée de voir cet homme évoluer comme n'importe quel passant...cela faillit lui ravir un sacré rire.




« Vous avez le choix, Dame Lyre. Vous pouvez me suivre et converser de ce qui vous amène céans, ou bien faire demi-tour. Ah, et puisque ce malheureux m'a accidentellement trahi, vous comprendrez qu'Igor Asoril n'est en fait qu'un couple de noms qui m'a été fort aimablement donné par une certaine demoiselle Gramme, de son prénom Anna. On a tout à y perdre lorsqu'on se présente en tant que roi de la race humaine. Le meilleur moyen de se faire des ennemis... »

Hmmm..voilà donc ce qui avait préoccupé le roi. Amne devait avouer qu'il prenait bien soin de lui, en un sens. Dommage qu'il ne fut pas capable de deviner à quel genre de personne il avait affaire, car dans le cas contraire, aucun doute que cette décision d'anonymat lui aurait paru grotesque...très grotesque. Amne se garda de lui dire, pour l'instant, qu'elle ignorait jusqu'au nom de son propre chef de clan. Disons que cela aurait paru déplacé alors même qu'il avait si bien réfléchi en l'origine de sa double identité. Hahaha...Oh, et le voilà qui se détournait à son tour maintenant.
Pourquoi ?
...
... Quelle fut sa première phrase, déjà?
"Vous pouvez me suivre et converser de-elle-ne-savait-plus quelque chose ...."
ooooooh....OH d'accord!

Lörk renifla l'air d'une manière quasi névrosée tandis que Amne s'empressa de renchérir très , très, mais alors très délicatement, la prise qu'elle avait sur l’encolure de son compagnon. Ce genre de geste devenait machinal et automatique, comme lorsque l'on cherche à apaiser son propre coeur.
Et elle se doutait de la raison pour laquelle Lörk n'était pas calme. Il était évident que la situation se compliquait. Pas de doute que Monsieur-tout-en-bonhommie venait de lui poser une colle.
Un dragon dans un camp, cela ne passerait pas inaperçu, et ce, même si ce dernier n'avait pas la taille "standard" de ses congénères.
En même temps elle n'aurait peut être plus d'aussi bonnes occasions pour soutirer des informations sur le trésor, à condition que le roi en sache un minimum sur le sujet ; et Amne se permit de douter du contraire. Et puis, en y repensant, la marionnette de tout à l'heure avait, à coup sûr, déjà mouchardé au sujet de "la cousine et de son dragon". (ce qui ne fut pas pour l'enchanter.)

Dans un profond soupir affecté elle se releva. Lörk, toujours sur ses épaules, parut outré par le comportement de Amne et de ce qu'il signifiait. Ainsi, elle ne ferait pas demi-tour.



« Au fait, si je vous fais passer pour quelqu'un de ma famille, c'est pour que ces idiots ne songent pas une seule seconde à entreprendre quelque plaisir charnel avec votre personne. Ils ne sont pas méchants, pas un accident est si vite arrivé... »


Tu-vois-tu-vois Amne Lyre, que fermer son clapet aide.

"Ce qui est judicieux.." répondit-elle, autant pour elle que pour lui.

Elle n'avait toujours pas lâché l'épée de son interlocuteur, preuve qu'elle avait finalement un chouïa de considération pour les objets d'autrui. Bon...en omettant le fait que la lame, qu'elle trouvait trop lourde à porter convenablement, trainait au sol négligemment, faisant derrière elle un bruit assez désagréable lorsqu'elle avança.


"Mais ce n'est pas en marchant si vite que vous pourrez récupérer votre arme."

Elle le rejoignit finalement et la lui rendit d'une manière aussi glorieuse et estimable que l'est celle d'échanger son trognon de pomme. Sans la plus petite honte à l'égard de ses bonnes manières douteuses, elle fouilla dans son gros sac en lin.


"Lörk s'est senti menacé. Il est persuadé que je suis douée pour m'enliser dans toutes sortes de problèmes....et puis, je dois avouer qu'il ne vous aime pas beaucoup.". expliqua-t-elle d'une voix si clair, si reposante, que cela faisait mouche avec son comportement précédent
Et elle retira sa fameuse cape, utilisée dernièrement, qu'elle déposa sur son dos avec délicatesse, recouvrant ainsi Lörk. Elle attendit patiemment que ce dernier vienne à se déplacer contre sa hanche pour en boutonner l'avant.



"On raconte que les dragons sont très doués dans leur domaine, quand il s'agit de deviner la personnalité des gens."

Elle haussa les épaules et regarda à nouveau devant soi.

"Une histoire de muscles crispés ou de regards particuliers, je ne sais pas trop." supposa-t-elle, avant de remarquer à quel point Lörk, sous la cape, lui faisait mal à s'accrocher à elle de la sorte. Peut être dans l'espoir de la punir....oui..sans aucun doute, car voilà que déjà ils venaient d'arriver au camp.
Amne cligna des yeux, un peu perdue de remarquer qu'il y avait plus de tentes que dans ses impressions.

Les hommes déjà prêts et jadis bruyants ne pipèrent soudain mots lorsqu'il tombèrent sur leur roi et sur cette femme toute vêtue de noir, aux cheveux sombres, à la mine vraiment lassée.
Il fallait avouer que par rapport à leur roi, si lumineux et classe, Amne apparaissait un peu comme la tâche de boue collée aux habits de ce 'mon seigneur' et tristement indécrottable, hélas.

Le roi lui fit signe d'avancer, pour l'emmener dans ce qui était apparemment sa tente. Si on pouvait appeler cela ainsi. Plus grande que toute les autres, il était impossible de se tromper sur l'origine de son propriétaire et cette simple constatation donna à Amne l'envie de rire. Rien que l'envie, néanmoins, mais assez pour que sa bouche s'étire, menue.
Alors, voilà ce qui faisait d'un roi...un roi ? Amne trouvait plus excitant d'écouler sa vie parmi les petites tentes alignées, rien que pour le concept de pouvoir l'embarquer sans que personne ne vienne à s'en rendre compte.

Elle sentit Lörk grimper le long de son ventre, ce pourquoi elle déboutonna de deux crans sa cape au moment d'entrer dans le refuge de toile, chose suffisante pour que le petit dragon fasse dépasser sa tête curieuse, bien que toujours rancunière.
Pour elle comme pour Lörk, un endroit comme celui çi paraissait bien étrange. Elle ne se souvenait plus depuis combien de temps déjà la notion de logis, plus vétuste ou temporaire soit-il, fut proposé dans son optique de vie. Hormis les chambres auberges qui se devaient d'être payées, le sol, la terre, l'herbe, la roche avaient fini par s’accoutumer de son dos...ou plutôt était-ce l'inverse, bref.
Interdite, une unique ride sur son front comme preuve de son dépaysement, elle s'humecta les lèvres avant de parler.


"Je ne connais pas grand chose des royaumes, ou plutôt, je ne m'y intéresse pas"
lâcha-t-elle, tout en observant de long en large le tissu de la tente.

"Cela m'embêterait beaucoup de vous appeler Igor maintenant que je sais qu'il s'agit d'un simple nom d'emprunt."

Elle l'observa de nouveau, et malgré cette vie qui pouvait apporter à ce roi beaucoup de richesses, à n'en pas douter, elle fut elle-même surprise de constater qu'elle n'enviait pas son existence. Plus encore, qu'elle était soulagée de ne pas vivre ainsi.
...Apparemment, il était difficile de se refaire, surtout la concernant.

Avec un petit rictus sans réelle émotion, elle poursuivit, consciente qu'on ne devait pas beaucoup lui demander cela.


"Donc...si ce n'est pas trop demander, j'aimerai savoir quel est votre nom?"
Gil Rosario
avatar


Messages : 15
Date d'inscription : 12/09/2011
Age du personnage : 31 ans
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Jeu 29 Déc - 0:24

« Ce qui est judicieux.. Mais ce n'est pas en marchant si vite que vous pourrez récupérer votre arme. »

Ayant entendu telles paroles résonner non loin, Gil ralentit la cadence sans pour autant se retourner, attendant qu'Amne réduise la distance qui les séparaient pour se tenir face à lui comme pour lui jeter son épée ; en fait, elle la lui avait tendue d'une manière si brusque que l'homme sentit comme un petit poc dans son myocarde ; surprise qu'il ne laissa transparaître cependant. D'une délicatesse infinie, il rangea soigneusement sa plus fidèle compagne à sa ceinture, toisant le camarade d'Amne qui le fusillait d'un regard pas si amical. L'homme n'était pas décontenancé par cet air intimidant. Il comprenait qu'il avait du mal à faire en sorte qu'on se range de son côté quand on n'est pas stupide. Faute d'être quelqu'un de puissant. Qu'il est frustrant d'être roi parfois... Les ennemis arrivent plus vite que les amis.

« Lörk s'est senti menacé. Il est persuadé que je suis douée pour m'enliser dans toutes sortes de problèmes....et puis, je dois avouer qu'il ne vous aime pas beaucoup. »

« Votre dragon a le droit de me haïr. Mais je l'interdis de me craindre, je n'ai rien d'un chasseur de dragons et, aux dernières nouvelles, nos peuples coopèrent. Après, j'en conviens : ces créatures sont très intelligentes et nous ne pouvons plaire à tout le monde. Moi le premier. répondit-il en ayant repris son allure normale, sans même accorder un regard à Amne. »

« On raconte que les dragons sont très doués dans leur domaine, quand il s'agit de deviner la personnalité des gens. »

« Je n'ai rien à cacher : j'ai bien l'intention de soumettre chacun des peuples à ma cause afin de réduire la guerre à néant. Et je compte bien arracher ce mystérieux trésor secret gardé par les nains s'il faut en arriver là. »

Le trio arriva au campement où les humains allaient et venaient avec la mine déconfite. Certains avaient encore la gueule de bois. D'autres avaient veillé tard. Heureusement pour eux c'était journée de repos. Et puis la faim, aussi. Elle devait beaucoup jouer sur le moral bien bas des troupes. Certains qui n'avaient sûrement pas été mis au courant par l'idiot de tout à l'heure à propos d'Amne se permirent quelques ricanements et sifflements. Des comportements ingrâts qu'ils cessèrent d'adopter lorsque Gil planta son regard vide dans le leur. A croire que ce regard qui n'inspirait rien leur faisait froid dans le dos. Peut-être parce qu'aucune émotion humaine n'émanait de Gil dès l'instant présent ? Non, son regard était simplement énigmatique, comme cette superbe aurore pourpre qu'il avait longuement observée le matin même. Et ces gorilles n'avaient tout juste aucun intérêt à contrarier leur roi. Voilà tout !

Les trois êtres entrèrent dans la tente de Gil. Du moins, la tente qui lui servait de "séjour", pas dans celle où il se reposait qui était fondue parmi les tentes de ses soldats. Ici il y avait une table circulaire et d'autres appareillages utiles aux réunions avec les moins idiots - pardon, les stratèges, les responsables de l'expédition...


« Je ne connais pas grand chose des royaumes, ou plutôt, je ne m'y intéresse pas... Cela m'embêterait beaucoup de vous appeler Igor maintenant que je sais qu'il s'agit d'un simple nom d'emprunt. Donc...si ce n'est pas trop demander, j'aimerai savoir quel est votre nom ? »

L'homme hocha positivement la tête et fit signe à Amne de s'asseoir à un endroit de la table où se trouvaient des couverts ; deux assiettes bien garnies pour rassasier l'humaine et sa bestiole méfiante. Il alla s'asseoir à l'autre bout de celle-ci, le dos droit, les doigts croisés ; bref, se tenant correctement devant Amne, comme tout homme courtois ferait.

« Votre dragon, s'il pouvait vous parler de vive voix, pourrait sûrement répondre à votre question, puisque j'ai l'intime conviction que ses semblables lui ont communiqué que j'étais un personnage peu amical. Je m'appelle Gil Rosario, et comme le singe de tout à l'heure l'a annoncé, je suis le roi de la race humaine. Ce n'était pas prévu que vous sachiez cela, la pression est plus lourde encore lorsqu'on sait qu'on doit agir en roi et non en tant que simple guerrier.Mais de toute façon, vous me semblez au-delà de tout cela. Appelez moi simplement Gil plutôt que "mon roi", les autres comprendront s'ils croient que vous êtes de mon sang. Mais parfois, un tel protocole est indispensable pour qu'ils comprennent qu'il faut bien quelqu'un pour les gouverner et qu'ils n'auraient plus la tête sur les épaules s'ils étaient à ma place. »

Il regardait Amne se rassasier. A vrai dire, elle n'avait pas tellement l'air de l'écouter. Peut-être à cause de la faim. Peut-être parce que ça n'avait rien de passionnant non plus. Mais Gil et la répartie... D'autant plus que ce personnage sortait des sentiers battus et redonnait une petite flamme dans l'iris du roi. Peut-être qu'on ne s'ennuierait pas, avec cette personne a l'air indifférent et je me fiche de tout. D'autant plus que son compagnon... Un vrai défi à relever que de leur prouver sa bonne foi. Quitte à paraître ignoble, l'honnêteté était une valeur presqu'inée chez lui. "Cher ennemi, je vous annonce que je vais vous assiéger, je ne suis pas du genre à faire d'entourloupe parce qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire : préparez le maximum de défenses, je lance l'assaut très bientôt" : quelque chose comme ça, oui !

« Vous m'avez l'air démunie. Si cela vous arrange, vous pouvez rester parmi nous, il reste des tentes à monter. Ou vous pouvez également nous quitter avec l'une d'elle et une possible monture si vous savez conduire à cheval. Et naturellement je pourrais vous demander en retour qu'un bête service : me fournir ce que vous entendez sur le trésor des nains ? Je ne vous oblige en rien, mais je n'oublie jamais la dévotion que peuvent m'apporter les autres. Jamais. »

Il marqua un arrêt de plus, fixant tour à tour Amne et le dragon qui semblait temporairement indifférent. Peut-être qu'il était trop occupé à se rassasier pour exprimer son mépris.

« Je peux même vous fournir un arc. Vous savez chasser ? Si ça n'est pas le cas, on a une après-midi pour vous apprendre ça, en plus d'autres choses uti... »

De l'agitation retentit au dehors. S'en suivirent des jurons. Et ça y est, ils craquaient... Gil fronça légèrement les sourcils et fit signe à Amne de rester ici, qu'il contrôlait la situation. Il émergea de la tente et vit un couple d'imbéciles se mettre sur la figure. Et les autres rire autour. L'un d'eux avait quelques dents de cassées et la figure en sang tandis que l'autre, au-dessus, se relevait, l'expression faciale très expressive. Il était énervé, très énervé.

« On en a MARRE ! On bouffe rien, et voilà qu'une dame qui serait votre cousine se voit accorder bien des faveurs et que ces autres idiots ne réagissent même pas... Mais bon sang, ROSARIO, vous payez notre poire ! »

A ces mots, le roi s'avança lentement, un air de dédain et d'ironie à l'attention du jureur qui dégaina, cria et chargea sur son roi sans réfléchir. Ce dernier le désarma intelligemment après une petite égratignure sur le bras (sa stature lui permettait difficilement d'éviter les coups, mais il les encaissait très bien) et il saisit le rebelle par le cou pour le soulever à dix centimètres du sol.

« C'est à cause de comportements cautionnés tels que celui-ci que j'ai malin plaisir à vous traiter d'idiots. Il n'est pas encore trop tard pour apprendre les codes de la chevalerie, la bienveillance, et penser à autre chose qu'à son estomac. »

Il le jeta à quelques mètres de lui, mordant le sol en piteux état et en se massant la glotte.

« C'est le plus mauvais exemple que je puisse vous montrer. Je suis de très bonne humeur aujourd'hui, prière de ne point la dissiper. Sinon le prochain fautif que je prendrai sur le fait subira un courroux bien pire... »

Il haussa le ton.

« Continuez de vous comporter comme des ignares sans honneur et vous finirez par courir la queue entre les jambes lorsque nous devrons faire face aux nains. Je doute que leur raison prenne leur dessus sur leur cupidité quand nous devrons faire preuve de persuasion et s'emparer de leurs richesses pour montrer qu'elle NOUS revient de droit et que NOUS méritons de gouverner le continent ! »

Il se tut, laissant derrière lui un tonnerre d'acclamations approbateurs tandis qu'il se penchait vers le soldat à terre pour le relever et lui murmurer des paroles réconfortantes. Des volontaires se dévouèrent pour prendre la relève et l'accompagner à l'infirmerie.
Amne Lyre
avatar


Messages : 70
Date d'inscription : 22/09/2011
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Sam 31 Déc - 0:20

"Ouuuuuh mais asseyez-vous, prenez donc place, vous devez être affamés!" oooh à n'en point douter, cela fut la phrase que Amne crût entendre lorsque le 'bienveillant roi' lui désigna la chaise d'un geste de la main. Cette main voulait juste dire cela, non? Rien qu'une allégation, au final. Et, hélas, elle détesta la sensation qui l'étreignit au moment d'en assimiler les mots. En occurrence ici, c'était la fidèle sensation où on dépend intrinsèquement d'une chose vitale, comme se nourrir par exemple, et où l'on sait que, même si votre fierté en prend un coup, on ne peut pas y passer outre.
Amne, de la fierté? Eh bien, eh bien, preuve qu'elle vint à ressentir cela, à l'instant!
Ce fut donc avec une profonde réticence qu'elle s'assit, un peu comme on s'assoit sur des oeufs frais que l'on craint d'écraser sous le poids de la faim.
Le roi, quant à lui, se mit sur son séant à l'autre bout de la table et dans ses yeux brilla une lueur de politesse qui fit à Amne l'effet d'une douche froide. C'est un peu comme, vous savez, dans ces contes pour enfants fidèlement narrés où l'homme vit seul dans un château. Vous avez faim, vous avez froid, donc vous acceptez qu'il vous invite au repas. C'est avant que le soir ne tombe et que, gloups....il enfonce sa dague dans votre coeur durant votre sommeil. Du moins, les contes le disaient, pas Amne!
Mais il n'y avait pas raison à s'en faire. Après tout, peut être qu'il n'était rempli que de bonnes intentions à son égard et........et justement. C'était CE pourquoi Amne se sentait si mal. Mais pas assez, hélas, pour oublier que de la vraies nourritures dansaient sous son nez (dans l'imagination de Amne, ELLES dansaient, et alors ?) et que son estomac n'en avait que cure de ces histoires de vieux solitaires pervers sadiques.

*Et si l'assiette est empoisonnée?*

non ? peut être?
Elle lança un regard à Lörk qui claqua des dents -c'était sa manière à lui de se moquer. Puis, sans attendre, il quitta l'abri qu'offrait la cape de son amie pour poser ses pattes sur la table avec beaucoup de précaution, comme si le bois s'était transformé en verre le temps un court instant. Il renifla la nourriture, tout de même, peut être influencé par les idioties de Amne, avant d'attraper son morceau et de filer dans son coin. N'y tenant plus Amne prit le pain qui se trouvait tout près de son verre, malgré son attitude naturellement indomptable. Et qu'on ne venait plus lui dire, alors, que les enfants savaient refuser les bonbons qu'on leur tendait...belle ineptie que voilà, un besoin était un besoin.
Aussi, fallait-il avouer que Amne n'était pas le genre d’héroïnes qui avaient toujours de la classe et qui ne s'y laissaient donc jamais prendre.

Bref, après les lapins-un-peu-crus, les baies ou champignons, le simple goût du 'pain-bien-fait' faillit lui ravir une véritable exclamation de surprise. Elle ne put d'ailleurs s'empêcher de froncer les sourcils en mâchant, frappée par la saveur d'une nourriture qu'elle ne connaissait plus.
Ooooh et ce fut sans parler du reste, bien sûr! En mettant de côté la viande qui fut laissée à Lörk, (bon, inutile de préciser que pour Lörk, cuisinée ou pas, la viande restait de la viande) Amne eut l'impression d'avoir oublié ce que 'déguster' voulait dire.
Comment était-ce possible d'être désarçonnée par une assiette et trois couverts, me direz-vous ? Si seulement Amne elle-même pouvait le savoir. A défaut de savoir donc, elle mangea en silence, même si, petit à petit, un goût amer dont elle n'arrivait pas à en déceler l'origine commençait sérieusement à lui brûler le palet.




« Vous m'avez l'air démunie. Si cela vous arrange, vous pouvez rester parmi nous, il reste des tentes à monter.... »

Elle déglutit , extirpée de sa rêverie par cette simple phrase. Et le mauvais goût qui lui gâchait le repas lui donna subitement envie de vomir. Interdite, tel l'animal sauvage qui repousse l'os si savoureux qu'on lui eut tendu, elle fixa intensément son assiette presque vide.


.....ou vous pouvez également nous quitter avec l'une d'elle et une possible monture si vous savez conduire à cheval. Et naturellement je pourrais vous demander en retour qu'un bête service : me fournir ce que vous entendez sur le trésor des nains ? Je ne vous oblige en rien, mais je n'oublie jamais la dévotion que peuvent m'apporter les autres. Jamais. »

Tandis que Lörk mâchonnait sa cuisse de gibier de manière ostensible, Amne pencha légèrement sa tête sur le côté et regarda dans son plat comme on regarde dans une boule de cristal.
Elle avait donc vu juste, hein? L'homme savait quelque chose en rapport avec le trésor. Si cela n'était pas un signe clair et évident du destin.
S'ensuivit une énième politesse de la part de ce roi louche qui se voulait immensément généreux. Une politesse qu'elle ne comprit que trop tard hélas, car avant de pouvoir lui couper l'herbe sous le pied à la notion du mot 'arc' (terme Ô combien diabolique la concernant...brrbrrbr!) d'autres s'en chargèrent à sa place, et bien mieux!
Dehors, le monde criait, le monde beuglait, bref ça se chamaillait.

Dès qu'il sortit de la tente -en ayant pris le soin auparavant d'intimer, toujours avec la même politesse, à Amne de ne pas bouger- - et que Lörk, au passage, parut enfin s’intéresser à autre chose qu'à son repas- ce fut exactement le moment que choisit Amne pour y aller contre. Elle se leva de sa chaise avec une discrétion feinte, comme si la garde royale était capable de surgir maintenant, là, de la voir et de sonner l'alarme de la désobéissance. Lörk lui lança un regard de reproche qu'elle para d'une large grimace amusée.


"Lörk, de temps en temps, sois un peu plus obtus!" lui murmura-t-elle tout en s'avançant à pas de loup vers la sortie de la tente. Ce fut assez, en tous les cas, pour lui offrir le loisir d'entrouvrir un des pans de l'entrée et de jeter discrètement un coup d'oeil au dehors.
Deux soldats se tenaient au sol. A voir la tête ahurie et refaite de 'soldat numéro un', il ne faisait aucun doute que 'soldat numéro deux' en était venu au poing et avait gagné le droit d'agresser verbalement le roi.
Et quels propos ! Ah...quels propos. Tout à fait justifiés, tant et tellement que , porté par une hardiesse nouvelle -ou bien une incroyable sottise- il chargea Gil comme un buffle enragé. Du vent, une caresse n'aurait pas mieux eu raison du roi ; à la limite disons un soufflet à cause de la petite éraflure sur son bras gauche. L'homme se battait bien et avait de bons réflexes. Amne s'amusa à penser qu'il devait être habitué à ce que ses soldats lui manquent de respect pour réussir si bien à contrôler l'un d'entre eux. Une petite boutade néanmoins, rien de bien méchant...et puis, si on avait même plus le droit de rire un peu.

Au même moment, elle sentit que Lörk grimpa sur son dos.


"C'est à cause de moi s'ils se disputent, n'est-ce pas ?" demanda-t-elle d'une voix neutre, le regard absent. Lörk siffla, les ailes battantes et Amne rabattit finalement le tissu de la tente.

Pendant que Gil sermonnait ses soldats, Amne tourna autour de l'une des tables de la tente. Dessus, un monticule de parchemins tenait en équilibre, à côté d'une plume et d'un encrier à peine ouvert. D'un geste machinal, elle se mit à caresser les parchemins du bout de ses doigts, mordue par la curiosité; mais Lörk la rappela vite à l'ordre en serrant ses griffes sur son épaule .


"Je sais, je sais..." gronda Amne à la manière d'un chat. Un peu furieuse, elle retira sa main et resserra le col de sa cape ; l'air agacé.
Lörk parut alors satisfait puisqu'il coucha négligemment son museau sur l'épaule de Amne, ses yeux de reptile perdus dans le vide de pensées pourtant bel et bien remplies.

Dehors, soudain, des acclamations. La paix était retombée, aussi vite qu'un soufflet qui menace d'être beau mais qui perd de sa superbe une fois qu'il a refroidi. Faisant dos à l'entrée, elle ne se retourna même pas lorsqu'elle entendit le roi revenir. Lörk, quant à lui , fit sa fidèle tête hostile ; à croire que le repas n'avait pas changé les sentiments qu'il nourrissait vis à vis de l'homme. C'était comme si quelque chose venait d'échapper à Amne durant ces quelques dernières minutes où Gil s'était absenté, et que Lörk avait, lui, réussi à s'en saisir à temps.

Après un long silence parfait donc (ou dirons-nous presque parfait, puisque notons qu'au dehors les soldats continuaient d'être satisfaits.), elle se décida à parler.


"D'après vous, je semble être démunie."

Elle se résolut à lui faire face, son visage hâve clairement tanné, et haussa les épaules - ce qui dérangea à peine Lörk.

"Vous devez avoir raison."

Puis de nouveau, la tête qui se pencha sur le côté, mais cette fois-ci fixant l'autre sans honte, comme si on tentait de deviner. Oui 'de deviner' : mais deviner quoi, au juste?

"Merci..." -Et sa nuque qui se redressa, et sa figure à jamais fatiguée qui perdit, finalement, cet air de voyante qui ne lui seyait pas, mais alors pas du tout."...pour le repas, c'était une expérience pour moi. J'avais oublié que, de temps en temps, le confort surprend."

Elle tordit sa bouche d'un air indéchiffrable.

" Le moral s'améliore si les besoins sont entendus, non? Je veux dire...vos soldats, ils n'ont pas toujours tord...même s'ils s'expriment à leur façon. " dit-elle lentement, histoire de supposer sans le critiquer. Pas que cela lui eut paru déplacé, puisque, de toutes les manières, Amne n'avait jamais été douée dans le domaine de la politesse. Mais juste car elle ne comprenait pas.
"A dire vrai, leur notion de fidélité m'échappe mais je veux croire qu'il s'agit de vos moeurs et qu'elles sont justifiées, tout comme mes moeurs sont....-nouvelle grimace, tandis que Lörk s'impatientait- de paraître démunie. "


Elle décida d'avancer vers Gil. Chose que Lörk n'avait pas prévu, et ce fut la raison pour laquelle il quitta le dos de Amne dans un grognement rauque, quasi menaçant, pour s'éloigner d'eux. Comme si rien ne s'était passé, Amne mit ses mains dans les poches de sa cape. Encore trois pas puis elle s'y tint, là, assez proche du roi pour ne plus le saisir, lui et ce qu'il pouvait bien représenter. Comment dire...Aimait-il vraiment cela ? Être un roi, être accompagné d'hommes qui s'accrochaient à vos mots jusqu'à les boire et s'en rasséréner ? Ou était-ce si étrange à concevoir seulement pour Amne? Etait-elle à ce point en dehors de la souveraineté?
Hmm..sans aucun doute.



"Je n'ai pas besoin de cheval, pas besoin de nourriture, ni d'abri, ni de confort, encore moins d'entrainement. Je crois, d'ailleurs, que l'arc est mon pire ennemi.
- lui avoua-t-elle amusée, quoique Gil ne pouvait pas imaginer l’ampleur du désastre qu'elle représentait une fois un arc en main.

"Mais, j'aurai besoin d'informations. Et apparemment, vous aussi. Je pense que le plus intéressant à faire pour moi, comme pour vous, est que je vous dise tout ce que je sais sur le trésor, à condition que vous en fassiez de même. "

"Et puis, soyons sérieux
- et elle élargit largement ses bras , comme pour se désigner toute entière- par rapport à vous je ne fais pas le poids. Surtout pour trouver un trésor tel que celui-ci. Vous avez des hommes, une organisation, de l'entrainement. Il est impossible que je vous passe sous le nez. Vous avez tout à y gagner, et je n'ai pas grand chose à y perdre.

Elle rabaissa ses bras et jeta un très bref coup d'oeil à Lörk qui tournait en rond à côté de l'entrée.

" Le seul problème est que Lörk ne veut pas rester ici. Et vous, vous ne pouvez pas laisser vos hommes en partant." Elle avança alors vers Lörk et s'agenouilla doucement, tendant sa main vers lui en guise d'excuses. Inconcevable d'aller contre la décision de Lörk; s'il voulait fuir jusqu'à la petite parcelle de cette tente, de ce camp, de ce champ, elle abdiquerait. On ne pouvait jamais ignorer ce petit bout d'âme vivotant au creux de la votre, assez pour la tenir en vie et s'emparer de votre souffle.

" C'est fâcheux, vraiment fâcheux, je suis....comme nageant entre deux eaux."

Encore heureux que le lit ne débordait pas. Pas encore.
Gil Rosario
avatar


Messages : 15
Date d'inscription : 12/09/2011
Age du personnage : 31 ans
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Sam 31 Déc - 14:04

D'un pas lent, l'homme qui, en moins d'une minute, avait régularisé l'excitation générale de ses sots malheureux, immergea de nouveau dans la tente d'où il provenait. Il fut presque surpris, dans cette petite pénombre, par deux iris coléreuses au beau milieu de la peau écailleuse rouge sang du compagnon d'Amne. Mais s'il fallait se montrer décontenancé, Gil aurait la bouche en cul-de-poule tout le temps. Si vous saviez le nombre de choses casse train-train auxquelles il faisait affaire. Pour la plupart elles étaient à en pleurer ; Gil ne pleurait pas ; pour la plupart on en rirait à s'en faire dessus ; Gil ne riait pas. Alors être surpris ? Avoir peur ? Non plus. Il croisa les bras, haussant un sourcil tout en fixant le petit dragon. Son regard vide semblait faire office de trou noir à l'intimidation de Lörk, qui pourrait sûrement en terrifier plus d'un - il faut dire que les dragons, s'ils le voulaient, pouvaient vivre en autonomie. Ce qui le leur en empêchait, c'était les profonds sentiments qu'ils pouvaient éprouver à l'égard de certains humains. Amne en faisait partie, Gil était seul. De surcroit ce sont les légendes qui stipulent que ce lien est établi dès la naissance. Alors, pourquoi s'affoler ? Pourquoi se sentir coupable de ne pas avoir de compagnon quand ce n'est pas vous qui en avez décidé ainsi ?

Elle se retourna. Elle semble congratuler modestement le magnifique splendide roi qu'était Gil (bon d'accord j'abuse un peu), peut-être avec un air d'ironie, peut-être avec un air de reconnaissance. Il ne s'en souciait guerre. Pour le dragon, par contre... On aurait dit une gargouille interdite, prête à vous croquer. Monseigneur Gil, vous êtes coupable de ce que vous êtes. Enfin, il se garda bien de fixer désormais dame Lyre qui se mit à lui parler affaires - l'estomac plein, on prend des décisions en bonne et dûe forme ! Ah ! Un petit cours philosophique sur ses soldats ? Ecoutons, cela peut toujours servir en sa qualité de gestionnaire / visionnaire. Elle n'avait pas tort sur le fond, mais les temps exigent de ne pas se montrer faible.


« Je n'ai pas besoin de cheval, pas besoin de nourriture, ni d'abri, ni de confort, encore moins d'entrainement. Je crois, d'ailleurs, que l'arc est mon pire ennemi. »

Refuser ses avances, jamais on ne lui fit telle chose. Il sourit presque face à tant d'audace et de fierté que celle de ne vouloir dépendre des autres. Surtout pour une femme. C'était ce genre de chose qui le rendait en colère quand il voyait que ses hommes, eux, étaient prêt, à l'inverse de dame Lyre, à réclamer pain chaud, monture endurante, armes de bronze... Ah, si seulement ce personnage était un homme ! Il ferait un excellent capitaine, voire bras droit. Enfin, il s'interrompit dans ses rêveries lorsque son interlocutrice en vint finalement aux faits :

« Mais, j'aurai besoin d'informations. Et apparemment, vous aussi. Je pense que le plus intéressant à faire pour moi, comme pour vous, est que je vous dise tout ce que je sais sur le trésor, à condition que vous en fassiez de même. »

Il plissa son front, avec un air plus vivant. Il aurait pu paraître malveillant, moqueur, puisque ses yeux... Si ternes... Si vides... Il contrastaient avec son expression faciale qui paraissait très intéressée. Il fixa tour à tour la demoiselle et sa monture, qui avait prit soin de se reculer lorsque sa maîtresse avançait, à bras ouverts, garde baissée, comme pour montrer que Rosario était d'une richesse infinie comparé aux bagages de celle-ci. Si ce n'est ce dragon vraisemblablement mal à l'aise. Il n'aimait pas du tout cet endroit, peut-être finirait-il par nous faire une crise et tout déchiqueter sur son passage. Non, Gil avait un don pour apeurer ses adversaires mais pas pour mettre qui que ce soit dans un tel état de gêne. Si bien qu'il en eût apparemment trop fait avec demoiselle.

« Eh bien vous êtes libre de partir. En ce qui me concerne je comptais passer ma journée à rêvasser, à perdre mon regard dans ces horizons enigmatiques le temps d'une journée. C'est l'un de mes hommes qui m'a forcé à revenir céans. Et puis voyez le bon côté des choses, vous êtes ravissante maintenant que vos besoins physiologiques sont satisfaits. Pour ce qui est de votre curiosité, je n'y peux rien pour le moment. J'ai envie de passer une journée agréable avant d'en revenir aux choses sérieuses. Peut-être qu'après, qui sait... Vous serez comblée. »

Il sortit lentement son fourreau de dessous sa ceinture, dans laquelle dormait son épée depuis maintenant plusieurs mois. Il la posa soigneusement sur la table circulaire et marcha doucement à l'autre extrêmité de la tente, alors que le dragon de dame Lyre s'écartait à coup de *tap tap tap* pour rester à distance très raisonnable de l'homme. Derrière les grands parchemins qui tenaient à la verticale, il y avait un arc, tout ce qu'il y avait de plus banal, ainsi qu'un ensemble de flêches nombreuses dans un carquois. Il prit la lannière de celui-ci qu'il enfila soigneusement en diagonale le long de son corps.

« Vous comprendrez. Quelqu'un comme vous qui va et vient sans obligation... Qu'il est bon, de ne pas avoir d'impératifs ! Partez si vous voulez. Pour ma part je me tiendrai prêt des montures si vous changez d'avis. »

Et puis, enfin, il jeta un dernier regard à son dragon, qui semblait plus méfiant encore sachant que l'homme possédait une arme où il pouvait atteindre des cibles hors de portée avec une simple épée.

« Messire Lörk, je suis désolé si ma dégaine, mon titre, mon passé, vous offense de quelque manière. Puisque vous m'avez l'air robuste d'esprit, vous n'aurez donc aucun mal à entendre qu'il existe un nain qui a la fâcheuse réputation d'avoir étranglé l'un de vos semblables à mains nues. Et votre gabarit n'en est que la moitié de sa pauvre victime. Si je vous dis cela, c'est qu'il s'agit d'un autre ; pas de moi. Vous êtes des alliés avec qui je communique par l'intermédiaire de votre moitié, un point c'est tout. »

Il tourna les talons et emmergea de la tente, devant laquelle se trouvait un homme qui montait la garde, le dos droit, à la stature irréprochable. Il n'avait d'ailleurs pas bougé lors de l'incident. Gil lui souffla ses mots :

« Demoiselle risquerait de nous quitter. Si tel est le cas, assurez-vous qu'elle nous quitte sans encombre, elle et son compagnon. »
Amne Lyre
avatar


Messages : 70
Date d'inscription : 22/09/2011
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Dim 1 Jan - 19:44

Mais qu'est-ce qu'il se passait avec les hommes ? Non, vraiment, c'en devenait vraiment frustrant de les voir ainsi perdre patience ! Pouvait-il comprendre que Amne faisait, pour la première fois de sa vie, un effort considérable ?!
Bon...considérable pour elle. Car à voir la scène d'un regard objectif, elle avait tout de même pas mal de points à rattraper. Hormis manger, écouter et poser ses conditions, elle n'était pas vraiment l’archétype de celle qui fournit des efforts. Mais tout de même! On parlait ici de Amne, cette jeune fille qui, à l'âge de ses dix sept ans, s'était envolée (au sens propre comme au sens figuré) contre l'avis d'une mère éplorée et dépressive; cette jeune femme capable de traverser les batailles sans s'arrêter, ne serait-ce que pour filer un coup de main aux blessés et aux souffrants.
Amne Lyre dans toute sa splendeur, donc.

Avec un raz-le-bol quant à l'éternelle politesse du roi, elle s'assit à même le sol tandis que Gil quitta la tente chargé comme un mulet de combat. Dehors l'activité des hommes battait son plein, Amne pouvait l'entendre. Un peu étrangère à tout cela, elle déploya sa main sur le côté, la paume vers l'extérieure, et Lörk s'y approcha jusqu'à poser son museau contre. Un aimant, ni plus, ni moins.
Elle y resta d'ailleurs sur ce mouvement, totalement immobile.


"Tu ne peux pas rester ici plus longtemps, n'est-ce pas ?"

Et lui de souffler sur sa paume et de battre des ailes. Amne baissa alors sa main, ensuquée par une sorte d'ennui monstre, levant le nez en l'air.

"Si ça ne tenait qu'à moi Lörk, je me serais emparée de ces parchemins et je serais partie sans me retourner. Mais tu ne me laisseras pas le faire, parce que tu es brave et que tu as des principes, hein?"

Elle croisa les bras, les lèvres pincées par dessus son visage pâle.

"Tu n'aimes pas ce trésor, mais je veux être de ceux qui s'y intéressent."


"J'ai besoin d'en être."

Elle jeta un regard à Lörk. Un Lörk pour le moins...comment dire... étonné, surpris ? Il y avait de cela, à coup sûr. Mais loin d'être une surprise que l'on conçoit et qui nous ravit, et ce fut la raison pour laquelle il la regarda comme si elle avait pu le trahir.
Ce qui lui pinça le coeur. Incroyable, d'ailleurs, non ? De constater à quel point elle pouvait s'accrocher à autant d'émotions lorsqu'il s'agissait de Lörk, alors même qu'un homme au visage tuméfié se faisait soigner non loin de là, indirectement par sa faute, et que, de cela, elle s'en fichait comme de son dernier repas.
Quoique, parler de 'dernier repas' ne jouait présentement pas en sa faveur....

Elle finit par se relever, époussetant sa cape avec minutie, comme si elle était capable, ainsi, de balayer le malaise que lui inspirait cette pièce.


"J'ai la nausée Lörk, je crois que ce genre de banquet ne me réussit pas."

Lörk ne releva pas. Interdit, il attendait qu'elle s'explique. Amne ramassa son sac, qu'elle avait déposé à côté de la table encore garnie.

"Nous irons à la Capitale, comme prévu. Mais avant, je dois m'assurer que ce roi est sincère. S'il est aussi digne de confiance qu'il veut bien le laisser paraître, et s'il veut échanger ses informations avec moi alors...." elle se tut, pensive. Avant de reprendre, plus entreprenante, faisant signe à Lörk de passer sous sa cape.

"Je vais t'emmener en dehors du camp, puis je retournerai le voir."


Lörk recula avec colère, contre l'idée de la laisser seule avec Gil.

"Lörk.." l'appela-t-elle doucement tout en s'approchant de lui. Le dragon cracha à la manière d'un serpent prêt à mordre, ce à quoi Amne répondit en fronçant les sourcils.

"Je ne vais pas m'amuser à te courir après pendant que les bidasses d'à côté auront les yeux ronds en te voyant t'agiter. Je n'en aurai ni le temps, ni l'envie, ni la patience."

"Et puis arrête de croire que je sois sans défense."

Aah...il était bon de l'espérer. Même si l'espoir n'égalait en rien l'absolue vérité, celle d'être aussi nue qu'un ver au milieu d'une horde de semelles prêtes à vous écraser. Qu'importe, au fond, que vous fussiez paré, prêt et courageux... après tout, un ver restait un ver.
Mais Amne savait aussi que Lörk restait Lörk. S'il voulait sauter au cou de Gil, ce n'était pas des fidèles qui l'en empêcheraient. Elle ravala un frisson à l'idée de supposer Lörk empalé par plusieurs épée.
Non, définitivement..


"Tu ne viens pas. Maintenant grimpe et sois plutôt reconnaissant que je te fasse sortir d'ici."

Elle n'imaginait pas ce qui coûta à Lörk pour ravaler sa fureur. C'est aussi rapide que le plus gros des éclairs dans la tempête qu'il grimpa jusqu'à sa hanche, sa mâchoire menaçant de lâcher une diatribe que l'on aurait pu entendre à des kilomètres à la ronde. Tant mieux qu'il se décida si vite, cela laissa loisir à Amne d'en profiter.
Elle attacha sa cape et, sans attendre, sortit de la tente.

Comme c'était à prévoir, les quelques présents se retournèrent vers elle. Drôles de vautours, sous un soleil cuisant, qui jamais n'avaient vu âme qui vive. Car c'était bien cette expression qu(elle voyait sur leur visage, non?
A moins que...
Léger sursaut, et profonde interrogation à l'égard de celui qui gardait l'entrée de la tente et qui vint la coller au train. Elle le regarda, de haut en bas, interloquée.


"Et vous êtes?...."

Et lui de répondre, dard-dard.

"Je suis chargé de vous raccompagner, Mademoiselle."

Soyez sûr que un peu plus et elle aurait éclaté de rire.

"Je connais le chemin, mais merci." dit-elle, sidérée de constater que Gil continuait d'être courtois même quand il n'était pas là. Alors qu'elle avançait, le garde en fit de même, dans le rôle du parfait pantin...un euphémisme même, Amne avait l'impression d'être suivie par son ombre. Incapable de rester stoïque, elle s'arrêta de nouveau.


"Ecoutez, vous m'avez l'air très sympathique. Mais je n'ai pas besoin d'être raccompagnée, d'accord? Donc, vous pouvez dire à votre roi que....que je vous ai laissé partir, oui voilà."


"Impossible." coupa ce dernier, si vite, si bien, que Amne se demanda , inquiète, s'il était vivant pour de bon ou si ce roi avait usé d'une sorte de magie inconnue pour en créer un automate. Dans un frisson, et au vu d'un Lörk qui commençait à s'agiter dangereusement, elle reprit sa route.
A son passage, Amne sentait les regards se poser sur elle. Quelques uns, assis par terre, chuchotaient; un ricana même à l'évocation d'une blague douteuse racontée par son collègue. Fatiguée par ces messes-basses, elle aurait préféré en découdre directement, au lieu de devoir supporter ce garde du corps, fidèle toutou, que les sifflements aguicheurs rendaient nerveux.



"Vous pensez qu'ils vont me sauter dessus?" lui demanda-t-elle, déridée.

Et si elle ne pouvait pas le voir, Amne se doutait que, lui, ne trouvait pas cela 'marrant'.

"Je pense, Mademoiselle, et sauf votre respect, que vous ne devriez pas prendre les intentions de ces hommes à la légère."


Aaaah, c'était donc ça? L'excuse de la cousine n'avait pas été suffisante pour qu'ils mordent à l’hameçon et se tiennent tranquilles, donc. Voilà qui était la preuve que, malgré leur côté passif, ils n'étaient -en réalité- pas si idiots. Plus encore, Amne était persuadée que ces hommes, ainsi enrôlés dans les rangs, cachaient une intelligence que d'autres sous-estimaient. Considérer les soldats comme des simplets était un cliché auquel il ne fallait pas se fier. Au fond, n'étaient-ils pas des fils, des frères, des pères aussi ?... Plus encore, n'avaient-ils pas une vie qui leur était propre, tout comme celle de leur roi...ou de Amne?


"Je ne les sous estime pas."

Et, une fois arrivée à la sortie du camp, elle se retourna vers le garde. Dans ses yeux, une étrange sérénité, et sa bouche ébaucha un rictus très bon enfant.
Elle déboutonna alors sa cape, et cela fut suffisant pour que le garde tique. Il recula d'un pas de manière instinctive, ou salvatrice, un peu dérouté, avant que Amne ne dévoile, de sous la cape, un Lörk très accroché à sa chemise et pas franchement envieux de toucher terre. Elle le déposa au sol avec une délicatesse qui se passait de mot.


"Ne m'attends pas, Lörk. Maintenant file."

Il ne fallut pas le lui dire deux fois que déjà le petit dragon courut loin de Amne, pressé de laisser éclater sa rage. Et c'était tant mieux. Amne n'aurait pas souhaité devoir le convaincre, encore.
Habitée par une horrible sensation de vide, comme à chaque fois qu'elle se trouvait loin de son dragon, elle zieuta le garde au visage torturé par mille et une question.

Puis, elle se massa la nuque de façon machinale et fit demi-tour...direction, les chevaux, si ses souvenirs étaient exacts. Derrière elle le garde ne pipait mot, pris au dépourvu par ce qu'il venait de voir. Amne se racla donc la gorge.



"Vous pensiez vraiment que j'allais me déshabiller devant vous ?"

"Mademoiselle, jamais !" s'étrangla le garde, pendant que Amne, impassible, regardait, tour à tour, chacun des soldats présents. Il était lassant d'être prise pour une vulgaire attraction .

Est-ce que Gil devait vivre cela à longueur de journée ? Oh et puis, pourquoi s'en soucier ? Après tout, n'avait-il pas choisi de lui-même cette situation ? On pouvait toujours choisir. Toujours.

Soudain...


"Hey, toi là! Oui oui toi! La FAMEUUUUSE cousine, est-ce que ça t'amuse de te pavaner ?! Tu crois pas que passer une fois devant nous, c'était assez ? Ou ptet' qu'il t'en faut plus pour remplir ton foutre d'égo?" beugla un des soldats, apparemment fou de rage. A côté de lui, deux hommes tentaient de le raisonner, ou de le calmer, ou un peu des deux.

Surprise, Amne s'arrêta.


"Mademoiselle, je vous en prie, continuez d'avancer." implora le garde, sentant venir la catastrophe.

En temps normal, Amne ne serait pas passée outre. Mais elle avait quelque chose de plus important à faire, et Lörk l'attendait....oui il l'attendait, donc..


"HEY! Tu m'écoutes quand j'te parle ?! Tu te crois A CE POINT importante? Si y'avait pas le roi, je sais pas c'qui m'empêcherait de t'en METTRE UNE!"

quoique....

Deux choses se passèrent, en même temps. De un, Amne se retrouva déjà en face de cette espèce de taureau essoufflé retenu par ses deux compères de soldats. De deux, le garde se plaça devant elle, jouant le rôle d'un bouclier humain.
Autour, le silence était tombé, lourd, vite, tel une poutre venue écraser le temps.


"Pousse-toi Kaël, ça te regarde pas!" gueula l'homme qui essayait de se défaire de l'étreinte de ses semblables. A y voir de plus prêt, on pouvait remarquer qu'il était transpirant et essoufflé.

"Il..est sorti de l'infirmerie..en trombe. Il a de ..la fièvre..ne faites pas ..attention." tenta vainement d'expliquer l'un des deux soldats aux prises avec ce damné. Ledit Kaël reprit la parole en fronçant les sourcils, réfléchissant à la meilleure manière de s'exprimer pour ne pas brusquer le malade.

"Je suis le garde, j'ai reçu un ordre. Elle ne restera pas, alors calme toi."

"DU VENT! Le roi nourrit sa catin! Et jm'en fous! jm'en fous de ses discours!" coupa l'homme.

"Et alors?" dit Amne.

Et là, tout le monde se tourna vers elle avec des yeux exorbités par l'incompréhension. Comme si, en une seule seconde, elle était devenue l'ennemie publique numéro un, celle que tous détestent, y comprit le garde, et que tous rêvent de descendre. Au moins cela eut l'effet escompté puisque l'homme fiévreux cessa de se débattre.

"Qu'est..qu'est-ce que tu as dit?" s’insurgea-t-il, incapable de croire qu'elle ait pu déblatéré une chose pareille avec aussi peu de compassion.

"En quoi ça te regarde, si le roi nourrit sa catin? Est-ce que tu es jaloux ?
Est-ce que tu veux prendre la place de la catin?

"Ou est-ce que c'est parce que tu est souffrant, et que tu te crois permis de dire les choses, sans craindre d'en subir les conséquences?"


Sous le regard cinglé de l'homme, le garde attrapa le poignet de Amne.

"Nous y allons."

"OH NON NON! Elle va nulle part! Elle reste LA! OU ALORS je...

"Allons y, Mademoiselle." renchérit le garde, tandis que Amne se laissa doucement conduire, amusée par la situation.

Oui, amusée. Et ce fut cela qui déclencha le déclic chez la part de l'autre.

Comment espérer retenir soixante dix kilos de muscles crispés quand ces derniers décident d'étriper le visage de cette...cette belle abrutie qu'était Amne? Comment ? Eh bien, on ne pouvait pas. Il y avait un moment où tout lâchait, simplement. Comme on finit par tomber d'une falaise après s'y être accroché durant des heures, comme on décide de s'écrouler après trois jours sans sommeil, comme..on pète littéralement un câble à voir la face d'une ignoble créature au ventre plein vous jaser à la gueule.
Pour le coup, ah....ca faisait mal. Un cri de stupeur lâché à l’unisson puis qui s'étouffe. Et Amne, la respiration coupée, qui tentait vainement d'inspirer. Elle s'était pliée en deux après avoir reçu le poing de l'homme en plein dans l'abdomen.
Le geste avait été rapide, et la blessure...trop lente à deviner : violente, fulgurante, comme on vous déplace les intestins à vous en faire vomir. Et à dire vrai, elle l'avait bien cherché, n'est-ce pas ? Incroyable de voir qu'elle n'en lâcha pas son sourire pour autant, pire encore, que ce dernier sembla s'étirer davantage.

Et l'autre diable d'essayer d'atteindre Amne mais retenu par le garde et un peu tout le monde. Ce monde qui, s'il détestait clairement Amne, trouva que la limite fut atteint.

Frapper une dame ? Par tous les dieux, Amne poussait vraiment les hommes dans leurs derniers retranchements...
Gil Rosario
avatar


Messages : 15
Date d'inscription : 12/09/2011
Age du personnage : 31 ans
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Dim 1 Jan - 21:55

Gil progressait dans le campement, empruntant des bifurquations çà et là dans ce grand dédale jusqu'à retrouver l'enclos où se trouvaient les montures, contrastant avec tous ces idiots agités. Les chevaux dressés étaient à même de montrer l'exemple de par leur obéissance, leur noblesse et leur volonté de servir tels de preux destriers. L'étalon du roi, à la vue de son maître, se manifesta par un hennissement magistral. A croire qu'il était heureux de le retrouver. Et à croire aussi que Gil n'étais pas si seul en ce bas monde. Avait-il donc un être cher ? Et de cet acabit ? Le cheval approcha, Gil lui saisit fraternellement l'encolure et lui donna quelques tapes amicales sur sa ganache gauche. L'équidé répondit en hochant la gueule, visiblement impatient de servir. Après avoir soigneusement équipé sa monture, Gil attendit quelques temps, au cas où dame Lyre aurait, par pur miracle, décidé de se joindre à lui. Peu importe ce que pouvait ressentir Lörk. Avoir peur d'un dragon d'un tel acabit alors qu'on en avait cotoyé des plus gros sur le champ de bataille... Aucune justification plausible !

... Elle ne venait pas. Elle avait sûrement dû partir. L'homme haussa les épaules. Comme à son habitude, il irait prendre du bon temps tel un éternel solitaire à dos de cheval. Lorsqu'il se prépara, les hommes qui lui baisaient les pieds la veille se regroupèrent lentement de sorte à cerner Gil. Certains avaient même dégainé leur arme. L'homme interrompit son ascension sur son destrier, et lui fit quelques tapes à certaines rythmiques plutôt irrégulières. Rythmiques qu'il devait connaître. Il recula d'un air craintif, tandis que Gil fit un pas en avant, toisant tour à tour ses hommes qui avaient clairement signé leur arrêt de mort.

« On vous a entendu, mon roi. La catin et vous n'avez aucun lien familial et vous vous jouez de nous. Tout le campement devrait être mis au courant, maintenant. Nous, amis "gorilles", avons décrété que nous prendrons votre vie et ensuite ce sera le premier qui engrossera votre pseudo-cousine qui deviendra roi. »


Ils rirent. Tout en réduisant considérablement l'espace qui les séparait de Gil.

« Hormis mes deux invités, le seul être que je souhaiterais garder intact, c'est mon cheval. Vos misérables vies de sous-fifres m'importent peu, vous êtes parfaitement substituables. »


Le moins débile du groupe chargea droit sur le roi, à la manière du rebelle de tout à l'heure. Gil céda sous le coup en souplesse, désarmant son adversaire d'une main pour lui briser le coup de l'autre. Il finit inerte sur le sol. Vint un second avec un simple coup d'estoc comme pour empaler Gil. Celui-ci se glissa le long de la lame qui l'effleura pour marquer une seconde plaie plus importante. Mais c'était le sacrifice à faire pour attraper le coup de ce second suicidaire pour le briser à la même manière que le premier. S'en suivit un boucan pas possible, les hommes aux alentours criant, gueulant au coup d'état. Cette fois ils étaient deux à vouloir embrocher leur roi. En même temps. La situation était des plus délicates, aussi tout ce que le roi trouvait à faire était de s'infliger quelques blessures plus ou moins superficielles pour parvenir à ses fins. Que ce soit d'arrêter le fer de ses propres mains ou essayer d'esquiver coute que coute malgré sa carure. Le roi saignait, et affichait toujours ce même regard vide et imperturbable. Comme si la douleur était inexistante.

« Vous êtes tous congédiés. Rentrez voir vos femmes, vos enfants, vous n'êtes bons qu'à occuper les tavernes, foutus pochtrons. » lâcha-t-il soudainement avant d'enfourcher sa monture et de galoper là où il était passé auparavant.


Il retourna à sa tente. Le garde de tout à l'heure n'y figurait plus. Il fronça les sourcils. Et s'il était arrivé quelque chose de grave ? Le temps lui était compté. Il bondit de sa monture pour aller récupérer son épée. En effet, s'il était question de protéger, il valait mieux mettre toutes les chances de son côté. Par chance, personne n'avait touché à son arme. Peut-être parce qu'on ne se serait pas attendu à ce qu'il la laisse céans ; encore une manœuvre pour gagner la confiance de ses deux invités certes, mais un roi tel que Gil se doit de ne pas avoir peur de telles situations alors... Pourquoi pas ? Il monta de nouveau sur son destrier et parcourut tout le campement, essayant de se diriger en fonction de l'agitation qui y régnait. Certains idiots de plus tentaient d'obstruer la progression de leur roi. Mais le cheval noir, impitoyable, piétinait sur son passage, telle une soif de servitude. Décidément, Gil, même s'il s'était mis plusieurs centaines d'hommes à dos, pouvait être véritablement aimé de quelques-uns, non-humains fussent-ils. Il aperçut au loin dame Lyre, qui chut sous un coup bien placé. Rosario écarquilla les yeux, reconnaissant son erreur qui pouvait être fatale. Lörk n'était pas là. L'homme subit un coup de pression supplémentaire dans le cas où il devrait ramener la maîtresse de celui-ci en plusieurs morceaux. L'homme inspira, tandis que sa cible au loin semblait rire de son coup porté. Il se saisit de son arc ainsi que d'une flèche. Il attendit une paire de secondes avant de la tirer, droit dans la tête du fautif, qui chut piteusement sur le sol, les yeux louchant, complètement sans vie. Ça s'agitait autour d'Amne. Käel fut d'ailleurs empalé dans la seconde où monsieur soixante-dix kilos de muscles eut la tête empalée.

Mais la monture arriva alors rapidement sur les lieux, avec Gil qui avait dès lors l'épée dégainée. Celle-ci était comme dansante, la lame pourfendait l'air de plus en plus vite, entraînée par une main habile. Vingt-sept années d'expérience, venue droit décapiter l'autre imbécile qui avait fait l'erreur d'envenimer les choses. Gil freina sa course, alors qu'Amne s'était relevée, encore un peu pliée. Il lui attrapa le bras, se penchant un peu sur le côté et en serrant les dents à cause de ses multiples égratignures. Il la souleva et la jeta presque derrière lui, sans même lui demander la permission. IL n'avait plus le temps d'être poli. IL était responsable. Quitte à laisser un grand foutoir au beau milieu de ses terres, IL prenait ses responsabilités.


« Allez, huuu ! »


Il ordonna de nouveau à sa monture de galoper de plus belle. Celle-ci chevauchait avec grâce et enjambait majestueusement les divers obstacles, si bien que Gil n'avait besoin de son épée.

« Dame Lyre, Récif. Récif, dame Lyre. Je suis navré que vous vous rencontriiez en de pareilles circonstances. »


Un hennissement de joie, autant de pouvoir se défouler que d'être présenté, sans doute. Sorti du camp, Gil dirigea son cheval via les indications de dame Lyre pour retrouver Lörk. Il vit au loin une tâche rougeâtre ramper dans tous les sens ; Lörk visiblement très en colère et avait comprit la situation. Tous les quatre s'éloignèrent alors considérablement du fouilli de tentes, de sorte à ne pas subir d'attaque surprise prochainement.

Gil ralentit sa course et laissa sa passagère descendre doucement. Elle avait été secouée, et lui aussi. Parce que dans ce genre de situation, il était bon pour... Errer. Il tourna le dos à Amne, toujours à dos de Récif. Ils regardèrent tous les deux au loin l'amas de tentes dans le paysage. Avec un peu de chance ils s'entretueraient, mais il ne fallait pas compter là-dessus. Au contraire. Bientôt on saurait que Rosario a été incapable de gérer un escadron de soiffards et qu'il avait fait l'erreur d'avoir essayé. Il descendit doucement de son étalon, l'adrénaline étant redescendue au profit de la douleur. Il commençait déjà par s'arracher quelques parties de son haut pour se fabriquer des pansements de fortune.


« Réfléchissons... Soit je reviens pour tous les tuer, soit je les retrouve en cours de route et je les tue... Et je justifierai ça par leur incapacité à survivre hors d'une taverne. Ce ne sont pas des hommes, après tout... » Marmonna-t-il en monologue.
Amne Lyre
avatar


Messages : 70
Date d'inscription : 22/09/2011
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Mar 3 Jan - 22:12

On y était là? Là, là, juste à ce moment fatidique, non? Celui où l'on ne croit plus à la surprise et que cette dernière vient pourtant vous faucher..vlam!, pareil à un coup de poing après une claque, qu'un coup de genou après un coup de poing. C'était dans ce genre de moment que la réalité devenait, un peu, comme un rêve et que les gaillards derrière elle semblaient n'être que le pur fruit de son imagination. Tandis que le garde et quelques soldats atterrés s’évertuaient à calmer le pauvre malheureux rouge de colère et de fièvre donc, d'autres s’immiscèrent comme des loups dans une forêt trop sombre. Un coup d'éclat, une rébellion longtemps attendue, une excuse pour agir ? Comment prendre le temps de réfléchir au sujet puisque, sous le bruit des lames sortant des fourreaux, un sifflement pourfendit l'air. Fssht ! Et que le bougre souffrant rendit l'âme avant même de toucher terre, une flèche plantée entre les deux yeux.

Autour d'elle, cela devint un véritable bordel sans nom. Tant et si bien que le sourire de Amne fit petit à petit place à un profond sentiment d'incrédulité et que, ainsi prostrée sous le joug de la douleur, elle ne vit pas qu'un homme la chargeait
Juste la lame, vers son visage, et puis, le garde, Kaël, qui se jeta contre son corps ; à temps pour lui sauver la vie. Oui, tout juste mais...
Muette, elle envoya un regard perplexe vers celui confus du garde que ladite lame avait transpercé de part en part.

Durant une seconde, son coeur sembla cesser de battre.

Elle tendit sa main de manière instinctive vers ce qui n'était plus qu'un cadavre gisant, bientôt piétiné par une ordre de fous furieux ; avant de se sentir soulevé par elle ne savait quel autre loufoque.
Elle faillit d'ailleurs lui mettre une trempe avant de l'entendre. Gil, c'était Gil.

Il lui faisait les présentations? Mais de qui, de quoi ? Et les autres qui criaient à en perdre haleine....vraiment, ça commençait à devenir trop bruyant pour elle. Subitement, au milieu de cette insensibilité qui l'habitait autant de corps que d'esprit, rien qu'un nom, un souffle, une présence.

Lörk.. Il courrait, à en perdre haleine. Il la cherchait, mort de peur, à deux doigts (pardon! deux griffes) de défaillir.


"Gil, emmène-nous plus à gauche." Ohhh, l'aurait-elle tutoyé? Decidement, ca ne tournait pas rond, pas rond du tout hahahaha...

Elle n'avait pas besoin d'observer les lieux pour savoir qu'il était là. Elle le ressentait comme on ressent l'alliage qui nous a fait. Et elle n'eut pas tord. Il s'y trouvait, aussi agité qu'un essaim de frelons. Ses yeux brûlaient, marqués au fer rouge d'un message de reproche directement destiné à Amne.

J'avais raison, j'avais raison, j'avais raison ! lui criaient les flammes, folles de rage, prêtes à dévorer le monde.

Et lorsqu'elle descendit de cheval, le fait que Gil soit à ses côtés sembla être le cadet des soucis de Lörk. Il sauta dans les bras de Amne, cherchant son contact, tentant vainement de renouer le lien qu'il crut avoir perdu trop longtemps. Une vague de peur l'envahit quand il constata que Amne n'était pas aussi réceptive à sa présence qu'elle aurait dû l'être en temps normal.
Il tenta, vainement, de lui soulever un bras, de lui mordiller l'épaule, de souffler dans son cou. Et le feu de ses iris s'éteignit aussi vite qu'il s'était consumé.

Là, je suis là, Amne, tu m'entends? Amne? voulut-il lui dire.

Et si Amne le comprenait parfaitement, elle ne put se résoudre à lui répondre. Gil fit quelque chose que Amne ne put discerner. Un peu aveugle, ou étourdie, ou quelque chose comme ça, et ne tenant pas tout à fait sur ses pieds, elle s'assit alors sur l'herbe, le regard vide.
Elle n'était pas traumatisée...non, ce n'était pas ça. Juste que...




« Réfléchissons... Soit je reviens pour tous les tuer, soit je les retrouve en cours de route et je les tue... Et je justifierai ça par leur incapacité à survivre hors d'une taverne. Ce ne sont pas des hommes, après tout... »


Subitement, elle ricana. Ooooh, rien qu'un petit rire de même pas une seconde, une sorte de hoquet nerveux. Lörk la regarda, vraiment inquiet maintenant. Et elle de poser une main sur sa bouche, de plus en plus hilare.
Juste que...c'était.....
Le garde, il était là. A ses côtés. Et puis...plus rien.
Pof.
Comme une mouche qui s'écrase après un coup de tapette. Et elle l'avait regardé se faire aplatir, sans bouger le petit doigt. Haha..c'était tellement.. tellement !...


"Ab...surde" lâcha-t-elle, manquant de s'étouffer tant elle riait maintenant. Les yeux humides, elle dodelina de la tête.
Comment? Comment était-il envisageable de mourir de cette manière ? Et puis, surtout, pourquoi l'avoir ainsi protégée? Nom de nom de dieu, pourquoi se sacrifier de façon aussi....aussi idiote que celle là?!
Elle pleurait de rire, c'était plus fort qu'elle, plus fort que tout. La scène qu'elle revoyait devant ses yeux était devenue une comédie théâtrale, pleine d'étoffes rouges en guise de sang, et avec trop de mauvais acteurs.

Et vous savez quoi ? La meilleure dans toute cette absurdité? Eh bien c'était que Amne avait été ignoble avec tous ces hommes, qu'elle s'était foutue d'eux du début jusqu'à la fin et que, malgré les évènements, oui malgré cela, elle n'en éprouvait pas le plus petit remord. Aucun.

Elle essuya le coin de ses yeux, reniflant, inspirant au maximum jusqu'à s'en faire mal. Puis elle se coucha à terre, ses cheveux ébouriffés étalés un peu partout, avec la drôle d'impression d'être retournée quelques heures en arrière, au moment où elle dormait encore.


"Vous pensez qu'il suffit vraiment d'être digne et poli pour être un homme?" formula-t-elle, comme si elle posait la question au soleil . Dans sa voix, plus d'euphorie, plus de rire...plus grand chose en un sens. Rien qu'une espèce de sérénité trop grande ; louche. Lörk , dépité, vint s'assoir contre sa hanche.

"Au fond des rues, je me suis déjà lovée dans la crasse, et j'y ai pris un certain plaisir. Quand je dors au creux de ce qui est sale et moche, je sais que les gens comme vous ne viendront pas. C'est un sentiment grisant, tellement, tellement grisant...

Et elle tourna son visage vers Gil, du mieux qu'elle le put.

" Il est facile de lever la main sur celui qui nous nourrit, je crois...Et savez-vous pourquoi ?" Et sa tête de reprendre sa position initiale, un oeil fermé, l'autre regardant les nuages blancs

"Parce que vous n'êtes pas comme nous."

Mince, elle y allait toujours trop fort.

"Vous, vous n'êtes pas né dans la suie, dans la boue et dans la neige. Vous n'avez manqué de rien. Mais nous...nous qui bavons pour réussir à obtenir un simple morceau de pain, eh bien, en offrir déjà la moitié à quelqu'un.... c'est un geste qui représente le nirvana. Un si petit geste pourtant
-et elle mima avec son pouce et son index la taille de l'aliment- mais tellement savoureux."

Voilà qu'elle critiquait l'homme qui venait de lui sauver la vie, transportée dans son délire. Parce qu'elle était devenue folle, hein ? Oui....à moins que...elle l'eut toujours été.

"Alors les gens ne vous côtoient plus que par intérêt. L'hypocrisie s'installe, la politesse est de mise, les bonnes manières deviennent un rituel qui vous rend superbe à regarder. On se dit 'ah, mais quel bel homme! Qu'il est bon et généreux, bien élevé! On cire vos chaussures, en bon despotique qui se respecte ; et vous grandissez en trouvant cela normal."

Elle toussota, une main crispée sur son estomac.

"Mais.....finalement, vous avez beau tout posséder... il vous manque la chose la plus importante.
Voilà pourquoi, nous autres, aimons dormir dans la crasse et la sueur la plus tenace. Parce que la vermine grouille, gronde, se multiplie."
et elle était une vermine non ? elle devait forcement l'être..forcement - "et qu'elle n'est jamais seule."

Une inspiration profonde qui se fit douloureuse; elle ne sut pas trop pour quelle raison..

"Alors, répondez-moi, franchement. Ceux qui s'entretuent, là bas, vous pensez vraiment que.... ce ne sont pas des hommes?" demanda-telle, exténuée maintenant. Elle passa une main sur son visage, le regard dans le vide, une horrible sensation au fond du corps.

Tous ces mots, plus vomis que dits, n'avaient pas suffi à extrader la sensation qui lui broyait les viscères. Puis, au moment où elle crut que cela ne pouvait pas être pire, la douleur s'empara du peu de fierté qu'elle avait tentée de sauvegarder.

Les yeux écarquillés, elle remonta ses jambes contre son ventre. Ce fut le geste qui l’acheva, assez pour qu'elle comprenne, brusquement, que seule l'adrénaline avait permis à son corps de se tenir debout, de marcher, de cracher le flot continu de son délire.
Mais quand l'action retombait.....ah, quand il retombait, on se rendait compte que le coup de poing d'auparavant avait fait plus de dégâts qu'on aurait pu l'imaginer.

Elle croisa les bras, grimaçante, la tête contre les genoux.


"Il y a mis toute sa rage...l'idiot" murmura-t-elle entre ses dents. Et Lörk muet, miséreux, de ne pas bouger d'une écaille. Il aurait pu être mort de trouille et s'agiter mais, disons le franchement, ce n'était pas la première fois que Amne tombait ainsi après avoir encaissé les coups. Pas vraiment une situation glorieuse, pour une dame; mais n'oubliez pas que l'on parlait de Amne, celle qui n'appartenait pas au genre de femmes gracieuses et bien habillées que tout homme tenait en respect. Loin s'en faut...
Comme à chaque fois que cela se produisait, donc, Lörk attendait. Inquiet, patient, dépité...tristement habitué.

Et que dire d'un roi qui vous regardait ainsi vous vautrer dans votre pitoyable douleur?

Pour des informations sur le trésor ?! Cela n'en valait pas la peine...


"Et puis...quelle importance...hein? On oublie....le contrat, le trésor...vous pouvez..y aller..d'accord?"
souffla-t-elle, le visage en âge, les sourcils froncés. Elle ne savait même pas s'il l'eut entendue, elle n'avait même pas envisagé l'idée qu'il était -peut être lui aussi- blessé. A dire vrai, elle s'en fichait pas mal.
Rendre l'âme au milieu de l'herbe fraiche et grasse lui parut être la seule bonne idée de toute cette fichue journée. Enfin...si seulement il n'y avait pas eu Lörk.

Parfois, elle-même l'avouait, c'était..... chiant de vivre.
Gil Rosario
avatar


Messages : 15
Date d'inscription : 12/09/2011
Age du personnage : 31 ans
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Ven 6 Jan - 15:29

Elle dégringolait. De plus en plus vite. Cette adrénaline alors que tout semblait de plus en plus calme. L'homme n'était préoccupé que par une chose : panser, panser et encore panser. Il n'était sûrement pas à l'abri d'infections, mais autant limiter le plus de dégâts possible avec les multiples balafres sur le corps. Il se permit cependant d'en négliger certaines, relativement superficielles quoique douloureuses s'il y touchait. Il fit quelques mouvements lents des épaules, des bras, du bassin, des jambes, comme pour diagnostiquer sa propre anatomie à l'instant t. O.K., il pouvait encore bouger. L'air humide lui picotait parfois les égratignures & les plaies pansées lorsqu'il s'agitait trop, mais cela devait suffire. Entre temps il crut ouïr deux syllabes étouffées d'un rire étrange, comme mêlé à un sanglot. Il avait déjà entendu ça quelque part. Un rire franc lui déchira les oreilles, légèrement perturbé par cette saute humeur pourtant justifiée. Il pivota les talons, toisant dame Lyre, avec toujours et encore cet éternel regard sans âme. Longuement il la fixa perdre le sens de la réalité sur l'instant présent, comme si elle n'en revenait pas. Puis il sembla afficher quelque mine triste, comme si cela lui rappelait un épisode douloureux... Mais quoi ? Non ! Il se reprit, comme il le faisait très souvent. Alors, toujours de ces yeux ternes, il la contemple dans cette espèce de transe passagère. Il ne faisait plus attention à ce lézard sur pattes qui n'avait pas l'air rassuré, lui non plus. Puis elle s'étale sur le dos, entamant comme un monologue - dans le sens où peu lui chaut si elle est entendue, si bien qu'elle s'adresse sans nul doute à Gil.

« Au fond des rues, je me suis déjà lovée dans la crasse, et j'y ai pris un certain plaisir. Quand je dors au creux de ce qui est sale et moche, je sais que les gens comme vous ne viendront pas. C'est un sentiment grisant, tellement, tellement grisant... »


Crasse. Grisant. Des mots qui lui rappelaient bien des choses. La crasse de la guerre. Grisant comme sa dégaine, son humeur grise. Ce dernier mot mêlé au sentiment inspira davantage le roi, qui relâcha les épaules, expirant par les narines et perdant son regard au loin, rétrécissant ses paupières à cause du zénith. Elle continuait, arguant qu'elle avait eu une vie difficile comparé à ce que lui avait pu vivre. Et elle avait raison. Ô combien elle embrassait la vérité. Qui ne dit mot consent, aussi Gil restait planté là, telle une statue de fer, sans même accorder un seul regard à dame Lyre - non pas pour la narguer, mais pour lui montrer combien il se dressait devant elle avec toute la honte qu'il méritait à juste titre. La honte d'avoir toujours tout eu à portée de main. La suite ne fut pas des plus tendre non plus. Elle était même pire. Ce quoi lui faire comme une lame en argent transperçant son être, comme si celui-ci n'avait aucune raison d'exister. Façonné de mensonges, de bonnes manières illusoires. Gil était-il si inhumain que ça ? Peu de gens - très peu même - avaient osé lui adresser de telles accusations. Soit parce que c'était des nobles dont les connaissances ne se limitaient qu'à l'économie et à la politique - au diable la philosophie - soit parce que c'était des hommes noyant leurs soucis dans la bière, ne pouvant surmonter leurs maux autrement. Pourquoi iraient-ils jusqu'à accuser Gil ainsi ? Tout ce qu'ils voulaient c'était le pouvoir, l'argent. Ce que le roi avait à portée de main, sans effort aucun. La bonne étoile que de descendre de la bonne lignée... Au prix d'être convoité, d'avoir des ennemis multipliés et de se rendre à l'évidence qu'il était seul contre tous.

« Alors, répondez-moi, franchement. Ceux qui s'entretuent, là bas, vous pensez vraiment que.... ce ne sont pas des hommes ? »


Il la regarda de nouveau. On aurait dit qu'elle était mourante. Etait-ce de la simple fatigue, ou l'était-elle réellement ? A vrai dire il se souciait plus de son état de santé que de répondre par de belles paroles. Comme il l'a toujours fait avec ses compagnons sur les champs de bataille. On lui eut enseigné d'agir ainsi au point que ce sens aigu de la fraternité devienne sa nature même. Il la regardait. Elle souffrait, non sans semblant. Et ce dragon qui, habituellement, fixait l'homme de ses iris telles deux sphères de braise... C'en devenait troublant. Cela leur arrivait-il vraiment souvent, ces moments de faiblesse ? Et le fait qu'elle se cambre de cette manière ? Que la douleur continue ? Elle avait pu tenir quelques temps à cheval, elle l'avait même tutoyé sur l'émotion, l'adrénaline la maintenait vitale. Et là, tout redescendait. Et ce fou rire. Il faut dire qu'il est difficile de ne pas dégringoler quand tout va si vite. La journée semblait bien se dérouler, et en l'espace de dix minutes, tout a foutu le camp.[/i]

« Et puis... quelle importance... hein ? On oublie... le contrat, le trésor... vous pouvez... y aller... d'accord ? »


Et puis... Et puis... Elle ferma les yeux. La faiblesse la gagnait, le sommeil s'installait dans l'ultime espoir de revigorer dame Lyre. Il expira une nouvelle fois, content qu'elle puisse trouver le repos après avoir déballé ce qu'elle avait présentement sur le coeur. Il pardonnait très peu les écarts des hommes - et, comme cette demoiselle le lui a gentiment notifié, il ne considérait même pas ses troupe comme des hommes. Mais les femmes, c'était une toute autre affaire. Il garderait sa conception de la chose au péril de sa vie, quitte à être traité comme un roi de pacotille. On peut appeler ça être borné, aussi bien que défendre ses idées, ses convictions, sa doctrine personnelle. De l'art de garder la tête sur les épaules même en temps de crise, pensez-vous ?

Il secoua légèrement la tête pour se motiver à réagir. Bien sûr qu'il ne s'en irait pas. Bien sûr qu'il lui dirait tout ce qu'elle veut savoir si elle retrouve son humeur du matin. Jamais il n'y a eu de contrat, simplement un accord amiable basé sur la confiance et l'honneur. Et cette demoiselle se devait d'être récompensée pour le courage dont elle avait fait preuve. Plus tard. L'homme tourna les talons en direction de son destrier, immobile, presque endormi, si docile, attendant patiemment. A croire qu'il eût obtenu satisfaction en galopant sur cette vaste plaine longée par la rivière. A son arrière-train figurait une couverture soigneusement enroulée. Il la détacha et s'avança doucement vers dame Lyre et son dragon. S'arrêtant à distance raisonnable, il se racla la gorge comme pour attirer l'attention de Lörk. Il réagit, tournant son cou et fusillant Gil du regard. Ce dernier se défit de son arc, de son carquois et de son épée qu'il jeta plus près du dragon que de lui-même.


« Noble dragon. Non pas que je remette en cause votre intelligence, mais je ferai en mon possible pour vous prouver ma bonne foi. Je suis désarmé, votre amie a sûrement quelques cotes fissurées, et si je voulais véritablement en finir avec vous je l'aurais fait... Alors, pour l'amour de Dieu, ne tentez rien de stupide pendant que je place cette couverture de sorte à ce que dame Lyre se repose sans peine. »


Il avait parlé d'une voix douce. On croirait à de la science-fiction dans un moment pareil. L'homme avait l'air infiniment assuré. Peut-être parce que ça ne pourrait être pire et que ça n'engageait que lui. Et peut-être parce qu'il préférait ménager son invitée avant de partir régler ces derniers petits détails troublants. Mais le dragon ne réagit point. Il ne grogna pas non plus comme à son habitude. Gil fit un pas. Puis deux, puis trois. Lörk suivait du regard, alors que Gil s'approchait de plus en plus lentement. Le regard de Lörk s'endurcissait. Il finissait par montrer les crocs, épreuve à laquelle le roi résista. Il savait que ses intentions étaient bonnes. Il n'avait rien à se reprocher. Aussi glissa-t-il avec précaution l'enroulement sous la tête de dame Lyre, qui respirait faiblement. Il l'aurait examinée, mais Lörk était d'une méfiance sans pareille à l'égard de l'Humain. Gil ne pouvait qu'admettre l'évidence. C'était l'ennemi de tous, quoiqu'il entreprît. Il se retira, allant chercher de nouveau ses armes, toujours sans brusquer. Comme si tout ce circuit était une danse scrupuleusement exécutée et sévèrement notée : la moindre erreur pouvait être fatale. Et l'erreur fut d'avoir oublié de laissé à cette chère dame Lyre sa propre gourde, au cas où celle-ci aurait besoin de se rafraichir dès son réveil. Déposer de nouveau ses armes pour entamer une nouvelle approche ? Non. Cette fois il s'approcha franchement, toujours de façon modérée mais moins. Lörk grogna, Gil lui tendit sa gourde ET son épée, avec laquelle il insista.

« Si c'est ce qui vous fait plaisir. Cependant j'ai besoin de l'arc pour chasser. Vous me méprisez mais je ferai l'effort de vous nourrir. »


Sl ignora la réaction de Lörk, qu'elle fût entousiaste ou davantage méfiante. Il courut jusqu'à Récif et le chevaucha par derrière. S'en suivit un "Huuuu", et ils partirent en direction du campement. La monture galopait plus vite encore, très heureuse. Elle ne semblait pas avoir quelconque notion de ce qui venait de se passer. N'y avait-il que Gil dans le centre de ses intentions ? Un lien dont on ne connait pas l'origine, mais bien réel, unissait le chevalier et son destrier. Ils allaient par deux et chevauchaient sous ce soleil de plomb qui faisait perler des gouttes de sueur sur le front de l'homme. Qui séchaient instantanément par l'air venant fouetter son visage. Gil appréciait cette fraîcheur quand il chevauchait. Cet agréable moment ne fut qu'éphémère lorsqu'il arriva sur les lieux. Ils s'étaient tous entretués. La folie, la fièvre avait eu raison de leur mental. Il n'eut aucun mal à retrouver le corps meurtri de Kaël. Qu'il souleva sans délicatesse. Naturellement, il voulait être loin d'ici. Il piétinait certains corps par inadvertance. Il fronçait les sourcils. Cela lui rappelait les horreurs de la guerre.

« J'aurais aimé que tout le monde partage votre bravoure, Kaël. »


Gil n'avait pas vu passer le temps. Le campement s'était transformé en cimetière. Des croix en bois étaient plantées çà et là. Même si la plupart de ces hommes s'étaient conduits comme des pourris, un mort restait un mort. La tombe de Kaël était cependant plus soignée que celle des autres, et restait en apparence au beau milieu du "nécrocamp". Gil regarda de nouveau le ciel. Six heures avaient dû passer.

« Puis-je chasser quelque proie pour honorer ma promesse... Maintenant que la situation redevient plus propice au code de chevalerie. »


Il chargea Récif de divers objets utiles qu'il avait pu récupérer et l'enfourcha de la même manière qu'il l'avait enfourché avant de laisser dame Lyre et son dragon. Il se dirigea au même endroit que ce matin, c'est-à-dire près de la rivière, de sorte à se rafraichir un peu et de laver ses mains souillées par le sang sec.

« L'idéal serait de débusquer quelque lapin, des mammifères facilement transportables. Récif, qu'en dis-tu ? »


Le cheval hennit. Il ne comprenait que le fait que Gil lui adresse la parole mais sans doute pas le sens de sa question. Non, vraiment, tout ce qui lui importait... C'était de l'attention.

« N'oublions pas les oiseaux... Plus difficiles à atteindre mais bien plus fréquents. »


Il enfourcha de nouveau sa monture, trottant aux alentours, parfois en s'éloignant, parfois en revenant. Cette fin de journée n'était pas des plus propices à la chasse. Et il faudrait, par la suite, s'occuper de prendre du bois pour faire un feu... Ah, la vie d'aventurier, pas de tout repos. Mais il aimait ça. Aussi son regard se mit-il à briller d'une étincelle soudaine lorsqu'il aperçu un groupement de sangliers, arrivant, chargeant dans le vide. dans quelque direction inconnue. Gil ordonna à Récif de galoper pour suivre la harde d'animaux, armant du mieux qu'il pût . Mais une idée plus ingénieuse lui traversa l'esprit. Il s'approcha dangereusement des mammifères et donna quelques coups à l'un d'eux du bout de son arc. Il insista sur le groin pour le déconcentrer et le détourner. L'animal hargneux n'en avait plus qu'après l'humain et son cheval.

Gil galopa progressivement en sens inverse, s'éloignant du camp pour retrouver là où se trouvait dame Lyre et Lörk. Il lui était difficile pour lui de se retourner complètement pour planter une flèche à cette espèce de porc. Et il lui faudrait mettre hors d'état de nuire la bête ni trop près, ni trop loin d'où se trouvait - logiquement - dame Lyre. Si elle se reposait encore. Récif augmenta en vitesse de sorte à distancer le sanglier. Gil lui ordonna de faire volte face et de tirer une première flèche venant se loger en plein dans le groin. L'animal hurla de douleur, ralentit quelques temps, mais continua sa course, plus lente. L'humain fit de même. Et il voyait au loin cette petite tâche rousse qui rampait dans les herbes...

Amne Lyre
avatar


Messages : 70
Date d'inscription : 22/09/2011
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Mer 11 Jan - 22:40


Parfois, le cerveau décèle le laps de temps qui existe entre l’éveil et le sommeil. Il combat le sommeil et donne à votre corps l'impression de tomber du lit, de chuter sans toucher le fond. C'est une sensation très désagréable.... qui, pourtant, aurait sied à merveille à Amne.
Elle ne voulait pas sombrer, pas maintenant, pas après son discourt de délurée. Cela aurait paru encore plus pitoyable.
Mais, hélas, elle ne pouvait y aller contre. Ses paupières étaient devenues du plomb, ses côtes l'élançaient au point de lui briser le souffle. Impossible, donc, de saisir le moment où elle s'assoupirait. C'était un peu comme, voyez vous, quand vous tentiez d'attraper un filet de fumée et que, au final, vos doigts se refermaient sur un grand rien -ou un petit vide.

Une main contre Lörk, l'autre encore sur son ventre, et elle perdit connaissance.


"Tu crois que le sanglier est mitonné ?" lui demandait Récif.

"Mitonné ?" répéta Amne, sans comprendre

"Ooooh oui mitonné ! J'ai tellement faim. Mais assis-toi donc, le thé est prêt!"

Une large table blanche s'étendait. Dessus, un service à thé à l'alliage insolite : du granit. Et deux autres convives dans la tablée : Lörk et..... Gil ?!

Mais un cheval ne pouvait pas parler. Et puis, un cheval, ça ne mangeait pas de viande!
Le cheval s'assit sur une grande chaise en pierre qui se trouvait en tête de gondole, ses deux sabots posés sur la table. Lörk mâchait la nappe et Gil buvait son thé en silence. Dans son dos, Amne entendait crépir. Elle se retourna et vit qu'un sanglier rôtissait sur le feu, tournant sans que personne ne tienne pourtant la broche. Puis, sans qu'elle se soit souvenue de s'être assise, elle était devant son assiette, garnie.

"Gil est un bon garçon Amne, tu sais." lui dit Récif en gratifiant Gil de sa fourchette. ( un-cheval-qui-tenait-une-fourchette, oui.) Ce dernier resta silencieux, regardant dans sa tasse de thé comme s'il pouvait y voir plus ; tandis que Amne l'observait en fronçant les sourcils. Lörk, quant à lui, avala son bout de nappe.

"Et puis, homme, souverain, majesté...qu'importe ! Il t'a tout de même sauvé la vie."

Sauvée? Mais de quoi ? de qui? Elle avait beau reconnaître l'identité de Gil et de son cheval, elle ne pouvait pas se rappeler dans quelle circonstance elle les avait rencontrés. Peut être que...

"tu rêves ? Oh oui, tu rêves Amne ! Mais au fond, est-ce que c'est vraiment important?" coupa le cheval, avant de sourire de toutes ses dents ( un-cheval-qui-souriait, oui.)
Amne but un peu de thé, battant en retraire. Après tout, ils étaient à table, elle aussi, tout devenait trop compliqué lorsqu'elle réfléchissait, donc... Elle ne put s'empêcher, néanmoins, d'envoyer encore un regard en direction de Gil. Son comportement l'intriguait. Pourquoi ne parlait-il pas?

"Hmm bonne question, je ne sais pas. Peut être parce qu'il n'a rien à dire." répondit Récif qui semblait lire dans ses pensées.

"Mais toi tu es bavard." objecta Amne.

Le cheval se mit alors à hennir, joyeux. Il piqua dans son assiette et mâcha un autre bout de viande, avant de lui répondre.

"Faux Amne, les chevaux ne parlent pas."

Amne but une seconde gorgée de thé.

"Je le croyais aussi.."

Et le cheval de tenir un cure-dent sorti de nulle part et de nettoyer ses deux quenottes de devant.


"Amne, Amne, Amne....Si les chevaux ne parlent pas, si les chevaux ne mangent pas de viande. Pourquoi est-ce que je parle, et pourquoi est-ce que je mange de la viande?"


Comment pouvait-elle le savoir ? Après tout il ne s'agissait que d'un rêve. Enfin, cela devait forcement l'être! Qui lui disait que tout était réel?
....
Soudain, elle sursauta, frappée par une pensée cohérente. (et nul autre que Amne en cet instant ne sut à quel point penser de manière cohérente dans un rêve était quelque chose de remuant.)

"OH. Tu as compris ?" s'enquit le cheval, ravi. Il croisa ses pattes sur la nappe à moitié dévorée maintenant par Lörk. Gil, lui, ne semblait toujours pas réagir.

"Qui te dit que je suis un cheval? Qui te dit que Gil est tel que tu le vois? Et qui te dit que ton thé est vraiment....du thé?"


Il lui fallut un moment avant d'assimiler la dernière phrase. Elle jeta un coup d'oeil à sa tasse. Le thé devint alors trouble et Amne sentit une douleur vive lui broyer le ventre.
Brusquement, elle lâcha la tasse en pierre, tenant sa gorge de ses deux mains, suffoquant. Et le cheval de rire et de lever son verre en son honneur, avant que le monde étrange s'estompe à la manière d'un tableau à peine terminé que l'on rince abondamment.

Dans le brouillard de cette ébauche détruire, elle sentit les écailles de Lörk rouler contre ses doigts. Son point d'encrage au milieu de cet océan de souffrance.
Puis, tout lui revint.
La bataille, le garde, le repas dans la tente, la rivière...Tout. Quand elle comprit qu'elle avait perdu connaissance, Amne fut vraiment à deux doigts de laisser couler les larmes d'une rage qui la prenait au corps.
Elle était si faible...
Elle inspira profondément, les dents serrées, la colère pour pouls. Qu'importe la douleur de ses côtes, Amne y trouvait au moins la force de se punir un peu.
Elle savait qu'elle n'aurait aucun mal à ouvrir les yeux, cette fois. Mais elle n'arrivait pas à s'y résoudre.

Elle s'aperçut soudain que quelqu'un avait glissé une couverture sous sa tête...du moins elle en conclut que c'était une couverture.
Gil?. Et où se trouvait-il, maintenant ? Il était sûrement parti. Tant mieux, elle n'aurait pas imaginé les choses autrement. Tout ceci était déjà assez embarrassant, sans qu'il n'ait besoin, en plus, de la regarder se réveiller telle la pauvre femme fragile qu'un seul coup de poing avait suffi à mettre K.O.
Enfin..c'est ce qu'elle crut. Avant que des bruits de sabots ne s'approchent.

Instinctivement elle leva les paupières. Et ce qu'elle vit...se passa de commentaire.
Une espèce de sanglier blessé, une flèche plantée dans le groin, s'en reçut une seconde dans l'abdomen, puis une troisième sur le dos, avant de s'écrouler à terre, mort. Le responsable de l'attaque n'était autre que Gil qui, chevauchant sur son fier destrier, galopait dans sa direction...le plus naturellement du monde!

Revoir tous les protagonistes de son rêve aurait pu la faire éclater de rire. Cela aurait pu, oui. Mais ce fut sa haine qui redoubla.

Est-ce que le ciel se foutait de Amne? Ou est-ce que c'était elle qui réagissait de manière disproportionnée?! Il fallait qu'on lui explique, qu'on lui dise comment réagir parce que là....vraiment, elle était à bout.
A bout.

Touchée en plein coeur dans son amour propre, c'était une réaction très surfaite, pourtant...oui pourtant, elle y tenait. Les dieux auraient pu lui laisser ce petit bonheur, non? Non. Une gourde, des armes, une couverture, que de bien bonnes intentions à l'égard de Amne.
Elle se sentait prise au dépourvu, léguée au rang du sujet veule et niais. de l'enfant que l'on couve, de la jeune fille sans défense.
Une jeune fille sans défense...l'était-elle vraiment, au final?

Elle comprit que Gil venait de descendre de son cheval, ce pourquoi elle évita de le regarder. A contrario, donc, elle se releva, chancelante. La déchirure qu'elle ressentit au niveau de ses côtes quand elle se leva ne fut rien comparé à la torture qu'elle s'infligea lorsqu'elle se pencha pour ramasser l'épée du roi. Puis, elle attrapa la patte de l'animal mort qu'elle traina loin de Gil, loin de son cheval, loin de la gourde, loin de tout ce qui lui rappelait un peu trop son impuissance.
Se faire violence pour ne pas laisser éclater sa rage sur Gil, c'était le seul moyen qu'elle s'était donnée.

Lörk jugea bon de quitter l’atmosphère pesante. Le regard sage, il trottina entre les herbes jusqu'à ne devenir plus qu'un petit point invisible, plus qu'un souffle venu balayer les feuilles ; laissant Amne et Gil seuls, preuve qu'il avait un peu plus confiance en ce Gil. (ce que Amne ne nota même pas tant elle était hors de son était normal.)


"Il faudra vous occuper du feu, Gil !" cria-t-elle pour qu'il l'entende, à plusieurs mètres de lui maintenant.
Puis elle coupa la pauvre bête en deux, habituée de dépecer toute sorte d'animal..même si -il fallait l'avouer- ses coups d'épée étaient ici un peu trop violents.
Cela ne fut pas au goût de son corps. Elle crût même sentir une de ses côtes bouger au moment d'abattre l'épée pour la quatrième fois.
Tant pis, si elle devait trépasser pour un sanglier ; tant pis!
A dire vrai, Amne avait envie de hurler.

Hurler car elle avait mal, à en crever. Mais hurler, aussi, car elle se sentait piétinée, rossée de toute part, par un sentiment nommé honte. Et que Gil ne s'approche pas d'elle, qu'il n'essaie même pas! Amne ne se priverait pas pour le frapper, oui le frapper! Malgré l'expérience, les titres, ou ellenesavaittropquoi de prestigieux qu'il possédait, Amne lui en mettrait une belle dans la figure donc...prudence.

Pendant qu'elle séparait les abats fumants et qu'elle dépouillait, l'horizon déclinait, le liseré violacé se mélangeait aux vapeurs de l'ancienne bataille, virant dans un rouge subjectif...trop subjectif.

La journée tirait déjà à sa fin, comme si rien ne s'était passé. Comme si les morts, les blessures, n'avaient pas existé. Comme si, tout cela, n'avait été qu'un stupide rêve sans queue ni tête.
Gil Rosario
avatar


Messages : 15
Date d'inscription : 12/09/2011
Age du personnage : 31 ans
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Sam 14 Jan - 16:40

La bête continuait sa charge. Preuve de son authenticité. Il en fallait beaucoup pour abattre un sanglier. Quelle hargneuse créature. Gil s'amusait presque. Il arma une seconde flêche du mieux qu'il pût, essayant de guider Récif en même temps. Par chance, le sanglier avait ralentit sa course, la douleur drainait sûrement son énergie plus rapidement. Il lui fit se loger une deuxième flèche dans l'abdomen, partie bien plus vite cette fois, avec plus de volonté d'abattre l'animal cette fois. Il dérapa sans choir. Aussi se dépêcha-t-il de tirer une troisième flèche en cloche, celle-ci venant se loger dans son dos à profondeur raisonnable, plantant presque la bête au sol, grognant de toute l'énergie qui lui restait, devenant peu à peu silencieuse, sa vie s'éteignant peu à peu. Il reprit sa respiration, riant presque de ce moment fort en émotion. Récif hennit de joie à s'en tenir sur ses deux pattes postérieures, ce qui surprit agréablement Gil qui bondit en arrière de peur de se ramasser piteusement à terre. Dame Lyre était là, éveillée, titubant, passant devant l'homme sans le regarder. Elle lui aurait presque jeté un regard noir, en fait. Et puis elle trainait le gibier loin de l'homme, loin de tout. Il resta silencieux, comprenant qu'elle était dans le pâté comme au petit matin et qu'elle n'avait pas vécu un épisode des plus glorieux. Elle lui donnait presque un ordre, de loin, sans même le regarder. Il fallait faire un feu. Oui. Et Gil avait pris quelques branches sèches enveloppées et attachées sur l'arrière-train de Récif. Il le déchargea délicatement, enleva sa selle, bref, tout équipement de sorte à ce qu'il se retrouve comme à l'état sauvage. Il lui caressa les ganaches avant de lui dire :

« Vaque. Je crois que demain nous aurons une grosse journée. J'espère que tu seras encore d'attaque, mon ami. »

Il hennit et s'en alla dans la même direction que Lörk, trottinant légèrement. Lui s'était éloigné mais, à l'inverse du dragon, il restait visible, au loin. Et il se mit à brouter, comme si de rien n'était. L'homme prépara le matériel pour faire un peu et suspendre la bête convenablement. Il se mit à planquer deux piquets de fer rouillé dans le sol pour en faire suspendre un troisième plus mince en attendant. Il disposait les quelques morceaux de bois de façon un peu hasardeuse, regardant de temps à autre dame Lyre dépecer l'animal avec difficulté. Surtout qu'elle s'y prenait avec l'épée de Gil, qui était l'une des plus lourdes épées qui fut jamais forgée. Et sa capacité à la soulever et à pourfendre avec une telle force aurait pu relever de la science-fiction en temps normaux. Il ressentait beaucoup de haine et de souffrance. Elle le rappelait lui. Lui qui hachait son gibier avec son épée. Qu'est-ce qu'elle cherchait à prouver, au juste ? Détestait-elle vraiment les manières de Gil ? Ou se sentait-elle honteuse d'avoir été prise au dépourvu ainsi ? Il se posait ces questions-là, tout en cherchant aux alentours d'autres brindilles pour apporter davantage de bois et ainsi pérenniser la longévité du feu. Il attrapa une petite brindille droite parmi celles qu'il avait laissée sur le tas. Il sortit un couteau qu'il avait récupéré au campement désert. Couteau très usager mais qui devrait faire l'affaire. Il affuta le bout du petit morceau de bois et le fit tourner rapidement entre ses mains. La vitesse était impressionnante et les brindilles chauffèrent vite. Dégageant progressivement de la fumée, puis des flammes. Elles étaient minuscules, dansaient et grandissait lentement, très lentement.

Et cette dame Lyre l'inquiétait. Le poids de son épée devait bien se ressentir sur son corps souffrant. Elle risquerait peut-être d'aggraver ses blessures. Aussi s'approcha-t-il d'elle, qui ne le remarquait pas, trop occupée à déverser sa rage sur le sanglier mort, découpé, entrain d'être dépecé. Au moment où elle tendait l'épée en l'air pour pourfendre une fois de plus l'animal, Gil attrapa délicatement la main conductrice de l'arme pour arrêter le mouvement. Il maintint à son tour le poids de l'arme en l'air, déchargeant la femme de cette possible peine.

« Vous avez le droit d'être en colère. Vous avez le droit de me haïr. Mais à quoi jouez-vous ? Vous pensez que vous rendre utile alors que vous êtes à peine capable de vous tenir sur vos deux jambes arrangera quoi que ce soit à la situation ? Vous vous sentez faible et redevable ? Vous voulez que je vous considère en homme plutôt qu'en femme fragile ? Très bien ! Mais je n'ai jamais demandé au moindre homme blessé de s'occuper de tâches aussi difficiles, surtout avec un outil aussi improbable. »

Il avait parlé d'une voix calme et posée. Ça n'était pas le moment de la secouer. Par encore. Peut-être qu'il hausserait d'un ton si elle ne voulait pas comprendre. Mais pour le moment, alors qu'il la regardait avec des yeux différents, comme ayant reprit un bleu éclatant, il lui saisit l'épée des mains pour la ranger dans son fourreau et poursuivit :


« Il a agi en chevalier, c'était la moindre des choses. Je lui ai offert un enterrement décent et personne n'oubliera son nom tant que moi, Gil Rosario, Roi de la race humaine, continuerai de fouler mes terres. Et si vous continuez sur la quête du trésor, il faudra vous attendre à bien pire. Des bestiaires et des elfes sont prêts à vous faire subir pire martyre encore. Le ressentiment entre nos peuples est grand. Dame Lyre, vous en avez assez fait, ce n'est pas le moment de faire démonstration de la bravoure dont je vous ai crédité dès la première seconde ou je vous ai vue. Vous êtes une femme solide. Mais une femme. Ce qui explique pourquoi je vous ai fait quelques traitements de faveur. La souffrance que peut ressentir une femme par rapport à un homme est bien plus importante. Les femmes se respectent, il faut en prendre soin. Après tout, c'est elles qui mettent au monde... Et Dieu sait combien ce doit être éreintant de mettre au monde et d'élever sa progéniture. »

Il saisit un morceau soigneusement dépecé de dame Lyre sans continuer davantage. Il avait foule d'arguments à lui débiter pour essayer de la rassénerer. Peut-être qu'avec l'estomac plein et un bon feu chauffant, elle irait mieux. En attendant, il l'embrocha et attendit.
Amne Lyre
avatar


Messages : 70
Date d'inscription : 22/09/2011
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Ven 10 Fév - 19:07

L'irréalité de l'environnement donnait souvent la sensation à Amne de fouler deux mondes dans la journée. Le monde de tous les jours, d'abord, celui où vous vous leviez, mangiez, dormiez, combattiez aussi...et puis le monde plus irréel. Un univers décalé, au ciel orange, aux nuages violets, à la brise qui veut vous avouez un très vieux secret sorti d'outre-tombe. Il ne s'agissait pas d'une chose qu'elle pouvait s'expliquer. C'était comme un paysage, prenant à la gorge, une émotion d'exister pleinement, ou de croire en un bien fondé le temps d'un instant.
Rien qu'un instant. Trop court pour qu'elle s'y habitue certes, mais présent pourtant. Voilà pourquoi, au moment d’abattre l'épée pour la dizaine-et-quelques-fois-de-trop-plus sur une bête déjà réduite en charpie -tant Amne n'avait pas fait dans la dentelle-, elle trouva idiot le fait que Gil l'arrête.
Elle avait posé ses pieds sur le fil de sa colère, tenant en équilibre au dessus de ce monde calme, simple, ce monde où elle était la reine et où aucun roi n'existait. Et là..pas à dire, mais elle détesta la sensation de cette main froide venue l'arrêter. Normalement, nul doute qu'elle serait devenue plus folle de rage encore. Car, après tout, n'avait-il pas assez joué la carte préventive et serviable? Devait-il, une fois de plus, prolonger son petit rôle totalement exaspérant de grand samaritain, en lui rabâchant les mêmes tirades sur la santé, le repos, sa situation, son inconscience ?
Elle aurait dû le frapper, lui beugler dessus quel bêta il faisait pour ne pas remarquer qu'elle avait trouvé l'ultime moyen de ne pas l'envoyer méchamment bouler, lui et son beau visage impeccable, lui et son maintient parfait, sa soi-disant politesse, son irréprochable classe, son talent, sa force. Elle aurait du, oui mais voilà, elle ne fit rien.

Elle avait beau bouillonner à l'intérieur, à la manière d'une théière sur le feu...manifestement l'eau avait fini par s'évaporer, ne laissant en son fond que trois brins d'un thé que l'on se doit d'infuser de nouveau.


« Vous avez le droit d'être en colère. Vous avez le droit de me haïr. Mais à quoi jouez-vous ? Vous pensez que vous rendre utile alors que vous êtes à peine capable de vous tenir sur vos deux jambes arrangera quoi que ce soit à la situation ? Vous vous sentez faible et redevable ? Vous voulez que je vous considère en homme plutôt qu'en femme fragile ? Très bien ! Mais je n'ai jamais demandé au moindre homme blessé de s'occuper de tâches aussi difficiles, surtout avec un outil aussi improbable. »

Elle nota la douceur empruntée dans sa voix dans l'intention de ne pas la brusquer, chose qui l'irrita encore un peu plus . Elle avait envie de retenir l'épée des mains mais à sa propre surprise, elle le laissa faire ; son regard plongé dans le vide, une ride entre les deux yeux comme seule preuve de son état. Si seulement il avait crié, pensa Amne. Si seulement il s'était donné la peine de littéralement péter un cable en lui gueulant d'arrêter ces sottises, que cela ne rimait à rien, peut être que Amne aurait pu nourrir assez de jugeote pour lui envoyer une droite dans la figure, ou elle ne savait trop quoi. Mais, bon sang, pourquoi fallait-il qu'il soit aussi....aussi...

« Il a agi en chevalier,
-( chevaleresque, oui, voilà! )- ... c'était la moindre des choses. Je lui ai offert un enterrement décent et personne n'oubliera son nom tant que moi, Gil Rosario, Roi de la race humaine, continuerai de fouler mes terres.

Elle tiqua à l'évocation de ce sujet qu'elle aurait voulu oublier. Pas à cause des victimes, car de cela Amne était aussi vide et creuse de sentiments qu'à l'accoutumé - et , d'un côté, c'était effroyable d'être aussi peu humaine- mais plus car cela la renvoyait, une fois de plus, à sa propre infériorité. Evidemment, Gil avait trouvé la force d'enterrer tout ce beau monde, après avoir sauvé sa peau et celle de Amne...chose qui allait de soit! Et puis...comme pour remuer un peu plus le couteau dans cette ignoble plaie.



Et si vous continuez sur la quête du trésor, il faudra vous attendre à bien pire. Des bestiaires et des elfes sont prêts à vous faire subir pire martyre encore. Le ressentiment entre nos peuples est grand. Dame Lyre, vous en avez assez fait, ce n'est pas le moment de faire démonstration de la bravoure dont je vous ai crédité dès la première seconde ou je vous ai vue. Vous êtes une femme solide. Mais une femme. Ce qui explique pourquoi je vous ai fait quelques traitements de faveur. La souffrance que peut ressentir une femme par rapport à un homme est bien plus importante. Les femmes se respectent, il faut en prendre soin. Après tout, c'est elles qui mettent au monde... Et Dieu sait combien ce doit être éreintant de mettre au monde et d'élever sa progéniture.


Elle était persuadée que si elle disait le plus petit mot, elle retomberait dans le monde lambda où l'on mange et l'on boit, où l'on vit et où l'on ressent trop fort les émotions, sans se soucier de l'importance universelle des choses qui nous entoure. En même temps, elle avait de plus en plus de mal à tenir en équilibre sur sa hargne. Elle regrettait d'ailleurs déjà d'avoir lâché l'épée.
Pas que l'épée lui aurait servi à tuer Gil ( elle n'avait vraiment plus de force pour ça...) mais plus car l'objet lui aurait rempli les mains, lui aurait donné une tâche à accomplir pour oublier cette envie poignante d'envoyer paitre ce Monsieur-parfait.
Comment est-ce que cet homme pouvait idéaliser la femme à ce point? Croyait-il vraiment qu'une femme était si différente d'un homme? Avec toute la grâce, la volupté, le petite sourire en coin des jolies jouvencelles sans défense, ou avec cette ironique icône maternelle surfaite? Avait-il seulement regardé Amne comme il l'aurait du?
Mais quel genre de BOUQUINS lui avait-on fait lire, par tous les dieux?
Elle inspira de manière exagérée, remplissant ses poumons au maximum de leur possibilité -inutile de souligner à quel point la douleur fut insupportable à ce moment-, jusqu'à fermer les yeux et pincer les lèvres. Elle demandait grâce, en réalité car plus les minutes passaient, plus elle avait envie de s'enfuir d'ici.
Mais elle n'était pas assez douée pour cela...apparemment. Elle rouvrit les yeux, le lorgna avec l'envie de lui dire tant de choses pas très sympathiques. Elle attrapa un petit bâton, puis détacha un morceau de la carcasse écrabouillée (bon appétit), avant de lui faire face et de lui répondre......



"Très bien."


Trè...Très bien ? Très bien?! N'avait-elle rien trouvé de mieux à lui sortir que ces deux mots?! Manifestement non. Le dos raide comme un piquet, elle se dirigea déjà vers le feu tout en plantant son bout de bois dans la viande . S'approcher ainsi d'un feu si bien nourri ne fut qu'un détail de plus dans la belle liste rangée qu'elle avait dressée de Gil. Pour être tout à fait honnête; elle n'en était même pas surprise. Cet homme là ne pouvait que réussir son feu, après tout.
Enervée d'être aussi faible (ou peut être un peu faible d'être aussi énervée..) elle posa ses fesses à terre comme si ces dernières étaient faites de porcelaine, ce qui lui donnait l'air d'avoir vieilli de quarante ans au moins.

Elle tendit son bout de bois vers le feu, laissant la viande cuire tandis que les flammes heureuses éclairaient son visage d'une lueur jaunâtre, dessinant des ombres irréelles que la nuit trop vite tombée -si vite que Amne n'avait rien vu venir- rendait lugubres. Dans son silence, Amne ignorait complètement Gil. Total manque de respect envers un homme qui n'avait rien fait de mal, au fond, si ce n'était lui venir en aide. Mais, hélas, Amne faisait partie de ces gens idiots et incompréhensibles qu'il fallait mieux ne pas essayer de comprendre.
Lui non plus ne semblait pas très enclin à parler, peut être pour ne pas la froisser davantage...tant mieux. Le long passage de l'ange avoisina les dix, peut être vingt minutes.
Amne ne bougeait pas d'un iota, très concentrée par cette bulle de silence, tandis que ses yeux lassés fixaient le feu de camp et qu'elle mâchait la viande caoutchouteuse du sanglier. Sous la chaleur du feu, cette dernière avait la saveur que toute viande a une fois cuite par des flammes vives : brulée à l'extérieur, crue à l'intérieur. Mais la sensation de nourriture dans son estomac -aussi peu élaborée était-elle- lui fit tout même du bien. ( elle n'aurait su dire pourquoi.)

Une fois le ventre plein, Amne prêta attention à plus de choses. Comme le fait que, dans la nuit déjà noire, un hibou hulula trois fois. D'habitude, Amne avait appris qu'il répétait cela quatre fois...à force de passer ses nuits à la belle étoile elle avait acquis des connaissances un peu désuètes. Pourtant, celui-ci n'avait hululé que trois fois.. chose bizarre non? Peut être que, au fond, on s'en fichait pas mal, mais, pour Amne, il s'agissait d'un moyen comme un autre de 'penser à autre chose'. Pour être plus exact ' de se focaliser sur autre chose que sa douleur.' Car, maintenant que la colère laissait place à un état dangereusement découragé, qu'avait-elle donc comme roue de secours pour oublier que chaque inspiration lui brisait un peu plus le corps?

A savoir, également, que l'unique être vivant sur cette terre susceptible de l'encourager moralement n'était pas là..

Cela n'allait pas. Cette situation, le fait qu'elle soit seule avec ce roi. (au moins elle avait une histoire à raconter, de celles que l'on raconte accoudé sur un bar crasseux. "J'ai campé avec le roi des humains" hahaha, hilarant, surréaliste.....hein ?)

Mal à l'aise, elle se leva (du mieux qu'elle put) et alla s'allonger un peu plus loin du feu.
La tête vers le ciel d'encre, couchée sur l'herbe froide, elle tâchait de réguler sa respiration et ainsi calmer les élancements dues à ses côtes. Dans ses prunelles se reflétaient les étoiles. C'était joli, un peu trop. Devant l'immensité de ces petits points blancs, elle fut d'autant plus frappée par son impuissance que, dans la nuit, son cerveau avait le temps de cogiter. A deux doigts de suffoquer, elle sentit soudain un souffle lui chatouiller la joue.

"Oooh Lörk!" chuchota-t-elle, manquant de s'étrangler de bonheur. Il était revenu, juste à temps. Comme si elle touchait le plus fragile et le plus précieux des trésors du monde, Amne posa sa main sur les écailles rouges de Lörk. Ce fut un geste simple, mais tellement salvateur, comme on touche du doigt ce qu'il nous manquait pour se sentir mieux. Lörk claqua des dents, riant de constater que Amne se comportait comme à son habitude lorsqu'il s'absentait trop longtemps. Et à le voir hilare, cette dernière ne put s'empêcher de glousser à son tour, se sentant un peu gamine.
Lörk avait le chic pour la rendre plus 'humaine'.

A mesure que la lune montait dans le ciel, l'humidité s'accentuait. Amne avait replié ses bras dans sa cape, lui donnant l'air d'une femme manchot en bien piteux état. Elle tremblait un peu, non pas de froid (car le froid, elle ne l'avait que trop connu) mais de fièvre. Elle se sentait délirer, tirée vers le fond, avec l'impression que le sol herbeux était devenu une eau glacée prête à craquer sous son poids, geler et l'emprisonner pour quelques décennies....car c'était le temps que dura ce calvaire, cette souffrance.
Etait-ce juste une impression ou la planète tournait vraiment trop lentement?
Elle secoua la tête, les dents serrées, tandis que Lörk tenait place sur son coeur, sous la cape.
Elle envoya un regard machinal vers le feu de camp et fut surprise de le voir éteint , puis elle tenta d'apercevoir Gil qui se trouvait plutôt loin d'elle. Elle ne le distinguait pas très bien, et il lui fallut un temps monstrueux pour percuter que de la brume en était la cause.
Brouillard à couper au couteau, pour être plus exact. Elle entendait le gazouillis des oiseaux tirés de leur sommeil, au milieu de cet univers sombre et blanc, blanc et sombre. C'était étrange, effrayant, étouffant surtout.

Elle avait la sensation d'être morte, mais à moitié. Son corps vivotait suffisamment pour lui faire mal, mais l'univers qui se déployait autour d'elle n'avait plus rien de celui qu'elle connaissait.

"Lörk...." murmura-t-elle, mordue par la frousse. Elle fut soulager de le sentir s'agiter, puis sortir sa tête de la cape, son museau touchant le menton de Amne. Elle comprit, par ce petit geste insignifiant, que le matin était arrivé et qu'elle s'était sûrement assoupie sans le savoir; pendant que le brouillard s'était installé, sinueux et un peu traitre. Peu enchantée de garder cette position plus longtemps, elle se leva......enfin, elle faillit le faire. Ses pieds se dérobèrent, elle trébucha, se vautra dans une position agenouillée plutôt grotesque. Lörk glissa jusqu'à ses épaules à la manière d'un serpent voulant se confondre en écharpe, la langue sifflante.
Amne avait la bouche entrouverte, sonnée par sa blessure qu'elle avait espéré moins douloureuse maintenant qu'une nuit entière était passée. Forcée de constater que cela n'était pas le cas. Chancelante, elle réitéra ses efforts, et le résultat fut...suffisant pour qu'elle puisse marcher.

Elle n'avait qu'une seule envie, en réalité, c'était partir et atteindre les portes de la cité. Elle avait besoin de dénicher un médecin (charitable, de préférence) et la pensée que Gil ait encore à l'assister et à la protéger lui parut insupportable. Elle ne voulait pas s'entendre dire qu'elle était faible...une fois de plus; et ce, même si une petite voix tout à fait désagréable lui répétait sans cesse que c'était pourtant le cas.

Lörk ne protesta même pas quand elle prit la route, bien trop concentré à surveiller le moindre de sa démarche zigzagante et pas assurée pour un sous. Et puis...qu'aurait-il pu faire pour l'en dissuader? Amne était parfois tellement bornée que Lörk lui-même n'arrivait pas à la convaincre.
Une petite sotte désagréable et égoïste, qui s'en allait au grès du brouillard, laissant seul ce roi à qui elle aurait du être redevable. Bref, l’archétype parfait de l'idiote.
Mais les idiotes , au final, ne valait-il pas mieux les laisser partir?

Gil Rosario
avatar


Messages : 15
Date d'inscription : 12/09/2011
Age du personnage : 31 ans
MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre] Ven 10 Fév - 23:07

Elle avait acquiescé. Etait-ce une soudaine prise de consciende de sa part quant à la situation délicate dans laquelle elle se trouvait, ou était-ce simplement pour ne pas envenimmer davantage les choses ? Il finit par comprendre que l'égo de Dame Lyre existait, était bien réel. Alors, lorsqu'elle s'approcha du feu pour faire en sorte que son morceau de sanglier qu'elle avait embroché soit mangeable, lui partit lentement en sens inverse, s'éloignant lentement mais sûrement, marchant à pas lents, ne connaissant comme sons plus que les oiseaux de nuits, les grillons... Bien qu'ils étaient très, très peu nombreux. Jusqu'à faire place au silence absolu. Le vent soufflait légèrement, venait lui fouetter son visage redevenu terne. Et au loin cet horizon pourpre... Toujours... Encore... Qui laissait place au fil des minutes à un ciel étoilé. Douce nuité qui semblait balayer de manière impartiale cette éréintante journée, autant sur le plan émotionnel que physique. Gil n'était pas un Dieu. Il avait faim, ses membres étaient fatigués même s'il serait capable de marcher toute la nuit. Il lui en fallait beaucoup pour l'épuiser, après tout... Enfin, il fit le dernier effort pour faire abstraction de son état physiologique pour réfléchir à la situation.

Un homme seul, c'est la chose la plus évidente ressentie par quiconque croise le chemin du roi des humains. Il est impossible de se tromper. Son annulaire gauche ne porte pas d'alliance - la seule bague qu'il possède a des vertus destructrices, ses expressions faciales sont quasi-inexistantes si l'on ne prend pas en compte le fait qu'il ait eut quelque élan de tendresse envers Dame Lyre. Maintenant il était condamné. Dès lors qu'on saurait pour son échec cuisant que d'avoir tenté de maintenir des troupes qui n'étaient visiblement pas habituées à la vie de camp et qui, par dessus-tout, on eut raison du commandement de Gil alors que celui-ci croyait faire de ces gorilles malveillants des soldats à sa botte, le roi risquerait bien des coups d'état. Et il ne voulait pas massacrer davantage de gens qui seraient bien plus utiles à ses côtés... Mais vous savez, quand on a beaucoup trop de choses pour soi, il est fort plus aisé de se faire des amis que des ennemis.


« Abandonner mon peuple qui virerait à l'émeute pour vivre à nouveau cette bonne routine de chevalier... L'idée est tentante. La solitude ne me fait pas peur. Les monologues non plus. Je défie quiconque d'apprécier mon quotidien si l'on daignerait rivaliser avec ma personne ne serait-ce que dans un domaine... Coupable d'être le meilleur. Seul contre tous. Ah, parfois, j'y pense, mère. J'aurais aimé que tu sois là pour assister à la magnificence que tu m'as donnée. Lorsque j'aurai soumis les peuples sous la même enseigne, ramenant la paix quitte à semer le chaos... Oui... »

Il eut comme un éclair venant lui tonner brutalement l'esprit. Telle une idée de choc. Ses prunelles s'illuminaient alors dans cette nuit noire. On aurait dit un démon parcouru d'une intense chaleur ardente que d'entreprendre un plan machiavélique.

« Ce chaos commencera chez mon peuple. Je profiterai de mes congés forcés pour me rendre sur chaque territoire et soumettre chaque meneur de clan par ma seule et unique force. Et s'ils ne se soumettront pas... »

Il se mit à rire. Tandis qu'il entendait peu à peu des hénissements non loin, Récif qui était venu assister aux exhibitions des névroses de son maître. Il se dressa sur ses pattes postérieures pour exprimer son approbation, son contentement, sa compréhension... Bien plus expressive que d'habitude, en passant. Gil lui fit face, plantant son regard dans le sien, comme s'il regardait l'âme de son étalon tout en dévoilant la sienne.

« Quand j'y repense, tu as été le meilleur bras droit que j'ai jamais connu. J'ai tort de dire que je suis seul. Acceptes-tu une enième fois de m'épauler pour la tâche la plus périlleuse que nous connaîtrons de toute notre vie ? N'est-ce pas notre ambition que de faire face au danger et de lui botter l'arrière-train sans retenue ? »

Il se mit à s'agiter autour de Gil, probablement plus excité que jamais. Ce cheval était plein d'énergie. Et puis il s'éloignait galoper aux alentours, alors que Gil revenait tranquillement vers son feu de camp toujours aussi étincelant. Dame Lyre n'était plus de la partie. Sans doute s'était-elle éloignée et... Heureusement pour elle. Son cheval relantit la cadence, probablement épuisé d'avoir trop gambadé dans tous les sens. Il leur fallait reprendre des forces. Gil dégaina son épée et fendit sans broncher quelques morceaux qu'il dépeça rapidement. Chose qu'il avait incroyablement l'habitude de faire.

[...]

La nuit était, certes, encore là, mais moins sombre qu'avant. L'aube se lèverait bientôt. Gil était là, à dos de Récif, parfaitement équipé, le regard déterminé qui semblait percer sans pitié cette épaisse brume qui avait fait son apparition pendant la nuit. Il devait avoir dormi pendant trois, quatre heures. Mais c'en était largement suffisant.


« Ensemble, gravissons les échelons de la toute puissance un à un. Et s'il faut mourir au combat, je mourrai dignement, sans avoir failli à mes devoirs de chevaliers. La royauté n'est plus que le dernier de mes soucis. »

Il se tut et donna trois vifs coups de talons bien répétés sur l'arrière train de Récif, qui se mit progressivement à galoper en direction du territoire... Des Bestiaires. Tel un guerrier qui était passé de 100 à 10, de 10 à 1 mais qui jamais ne choirait sous tel prétexte ; là où les volontés de fer s'étaient rouillées, personne n'avait réussi à briser sa volonté d'acier.
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre]

Une aurore pourpre qui ne daigne guerre montrer ce que l'avenir me réserve [Pv: Amne Lyre]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Edonna :: La guerre des Clans RPG :: Royaume des Humains :: La rivière ouest